Doulaincourt-Saucourt
Haute-Marne · Grand Est
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Doulaincourt-Saucourt
Doulaincourt-Saucourt est une commune de Haute-Marne, en Grand Est, qui compte 775 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Dolencort en 1225, Doleincort en 1231, Doleincourt en 1270, Doulaincour en 1732, Doulincourt en 1780. Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -court au sens ancien de « cour de ferme, ferme, domaine rural ». L'ancien français court a donné le français moderne cour.
L'orthographe actuelle du français cour est inspirée par le latin curia qui est une étymologie erronée, d'ailleurs celui-ci aurait donné *cuire ou *coire (cf. Coire, ville de Suisse anciennement Curia). En réalité, il s'agit du gallo-roman CORTE ou CURTE
Le premier élément Doulain- représente, comme dans la plupart des noms en -court, un anthroponyme germanique, ici Dolen[us]. Attestations anciennes: Soocurtis en 1210, Seucort en 1216, Soocourt en 1448, Saulcourt en 1576, Saucourt en 1649. Le premier élément Sau- représente le nom de personne germanique Sadulf[us]
la finale -us latinise dans les textes.
Deux découvertes archéologiques signalent une présence humaine sur le territoire de Doulaincourt pendant l'époque gallo-romaine Le territoire de Doulaincourt et de Saucourt se trouvait dans la seigneurie de Val-du-Rognon, qui en 871 était cédé par le comte d'Andelot à l'abbaye de Saint-Remy de Reims. Vers l'an mil, trois diocèses se rencontraient sur ce territoire: Châlons (du côté de l'actuel Saucourt), Langres (du côté de l'actuel Doulaincourt) et entre les deux Toul (une gorge étroite, une des combes entre les deux villages actuels, probablement la Combe de Presle). Au début du, la seigneurie du Val-du-Rognon était complètement dévastée et occupée par les fils du comte de Reynel. Pour reprendre le territoire, les chanoines de Reims traitairent en 1014 avec le comte de Troyes, il en résulta la division du pouvoir entre le chapitre de Reims et les comtes de Champagne. Ainsi Dolencort apparaît en 1155 dans une charte du comte de Troyes, la première mention connue de Doulaincourt. C'est des comtes de Champagne que l'abbaye de Clairvaux obtient au son pouvoir sur Doulaincourt. Plusieurs chartes de l'abbaye de Clairvaux traitent de Doulaincourt
Selon d'autres sources, il existait en 1241 à Doulaincourt un hôpital ou léproserie domum leprosorum, fondé par l'abbaye de Saint-Remy de Reims. Saucourt, désigné dans les titres latins du sous le nom de Suigaudicurtis, appartenait du au au chapitre de Notre-Dame de Reims. Doulaincourt et Saucourt ont beaucoup souffert des guerres du début des temps modernes. Vers 1470, Doulaincourt fut presque détruit durant la guerre opposant Louis XI à Charles le Téméraire. Après le massacre de Wassy, survenu le 1 mars 1562, les protestants, par représailles, mettaient à sac pendant cinq jours tout le nord du département actuel, y compris le populeux val du Rognon. En 1567 Doulaincourt était incendié et les deux villages de Saint-Brice et Saint-Evre (territoire de Bettaincourt) étaient détruits pour toujours. Ensuite, en 1636, c'était le passage des Suédois qui laissait Doulaincourt et Saucourt de nouveau en ruines. Le chapitre de Reims, les religieux de Clairvaux et madame de Guise participent à la remise de la vallée du Rognon, ainsi que Pierre de Pons d'Annonville (le père de l'Abbé de Pons) et Henri de Thomassin, qui sont vers 1660 coseigneurs de la seigneurie indivise de Donjeux.
En 1675, le chapitre de Reims passa Saucourt et en partie Doulaincourt à Pierre de Pons d'Annonville. La petite-fille de Thomassin, Madeleine de Choisy réunissait la seigneurie de Donjeux. Elle se marie en 1706 avec Charles de Gestas, marquis de Lespéroux, qui meurt en 1710. Par héritage, la seigneurie de Donjeux, avec Saucourt et en partie Daulaincourt passe ainsi à la Maison de Gestas, d'abord à leur fils Charles-Jean-Henri (1709-1770), et enfin jusqu'à la Révolution à leur petit-fils Sébastian-Charles-Hubert, comte et général (1752-1793). Dès 1668, il y a mention d'un « recteur d'escoles de Doulaincourt » puis d'un recteur en 1736 et 1750. Dès le début du, Saucourt et Doulaincourt redeviennent florissant par la naissance d'une industrie métallurgique sur les rives du Rognon, fondée par les seigneurs de Gestas. Ainsi, les Gestas de Lespéroux possèdent au une forge et haut fourneau à Saucourt et une forge à Doulaincourt. Vers 1760, un autre notable avec des possessions à Doulaincourt est Henri Toupot, seigneur de Bévaux, gendarme réformé de la garde ordinaire du roi, membre de l'Assemblée d'élection de Joinville, chevalier de Saint-Louis, habitant de Doulaincourt.
Henri Toupot de Bévaux est le père du député Henri Simon Toupot de Bévaux, qui à son tour est le père du député Henri Camille Toupot de Bévaux et le beau-père de l'écrivain et député François Mongin de Montrol. La rue de Toupot de Bévaux porte leur nom, la maison de Montrol porte le nom de l'écrivain. À la Révolution, la communauté de Doulaincourt propose en juillet 1789 huit hommes de garde pour la maison des Gestas, ce qui n'empêche pas que Sébastien Charles Hubert de Gestas soit guillotiné en 1793 et que la famille de Gestas, émigrée, perde ses terres et ses industries. Après quelques années d'inactivité, les établissements sidérurgiques reprennent vie. En 1809 les possessions des Gestas à Saucourt, domaine avec forges, moulin et bâtiments, devient propriété du colonel Martin François Le Masson du Chénoy, fraîchement promu (janvier 1809) baron d'Empire. À sa mort, en 1816, la forge passe à son gendre François-Charles Guénard de la Tour, ancien capitaine de la Garde impériale. En 1818, l'établissement de Saucourt « comporte un haut-fourneau, deux affineries, deux bocards et patouillets; elle est animée par, tandis que et assurent les approvisionnements et effectuent les transports; la production annuelle est alors de de fonte et de fer, obtenus à partir de de minerai lavé et de charbon de bois. » En 1834, François-Charles Guénard de la Tour modernise l'usine, qui sera reprise vers 1855 par Colas, puis en 1876 par André Jacquemin (le père).
En 1809, la forge des Gestas à Doulaincourt est aussi achetée par les frères Michel, fils d'un grand industriel. Un autre grand industriel Capitain fonde en 1838 à Doulaincourt une forge anglaise, qui est composée de cinq fours divers et où travaillent. Reprise par Forfillière et Bonnamy, puis par Bonnamy seul, l'usine sera acquise en 1892 par Isidore Ulmo, maître de forges à Rimaucourt. Doulaincourt, devenu le centre industriel de la vallée inférieure du Rognon, est érigé en chef-lieu de canton en 1834 en remplacement de Donjeux. En 1844, une école de jeunes filles est fondée par la commune dans le château de Montrol et dirigée par des sœurs de la Providence de Langres. Pendant la guerre de 1870-1871, Doulaincourt donne généreusement à la souscription de juillet 1870, pour des soldats, leurs familles et des blessés. Début novembre 1870, Doulaincourt est envahi par des troupes ennemies. Doulaincourt et Saucourt, sous l'occupation prussienne, subissent des impôts, des amendes et des réquisitions et, le maire de Doulaincourt étant absent, l'adjoint Bralet est emprisonné.
Un premier projet de chemin de fer dans la vallée du Rognon peu avant la guerre de 1870-1871, n'avait pas abouti. En 1878, le préfet autorise l'étude d'un projet de chemin de fer d'intérêt local dans cette vallée, reliant les gares de Gudmont et de Rimaucourt. La ligne de Gudmont à Rimaucourt va favoriser le développement de la sidérurgie à Doulaincourt et Saucourt, dont les usines vont disposer d'embranchements particuliers. Ainsi l'usine « Forges, fonderies et ateliers mécaniques de Saint-Brice », tout juste créée en 1882 et projetée à Saint-Brice, est construite à côté de la gare de Doulaincourt. Les forges de Saint-Brice sont la propriété d'Ernest Lorin (1862-1914), jeune ingénieur et inventeur, qui produit des treuils de son invention et qui construit dans la forêt de Doulaincourt des scieries fonctionnant avec des moteurs à gaz pauvres utilisant des déchets carbonés de toutes sortes également de son invention (brevetés sous la dénomination « Nouveaux gazogènes »). Lorin meurt juste avant la guerre de 1914-1918. Après la guerre 1914-1918, la sidérurgie dans la vallée du Rognon est sur son retour, mais survit ici quand même mieux qu'ailleurs dans la Haute-Marne grâce au chemin de fer. L'usine Lorin, reprise par Guerin, ne retrouvera plus son dynamisme du temps de l'ingénieur Lorin.
Mais un autre ingénieur, André-Felix Jacquemin (le fils), des Tréfileries Jacquemin à Saucourt, fait pendant les années de crise d'entre-deux-guerres, vers 1931-1933, une prouesse en travaillant avec Marcel Leyat, inventeur de l'automobile à hélice, à la construction d'un avion à hélice, Hélica volante ou Hélica Leyat-Jacquemin, surnommé la de l'air. Jacquemin a breveté sa part de l'invention sous le du 20 septembre 1934, intitulé Perfectionnement aux avions à ailes articulées.
Patrimoine religieux à Doulaincourt-Saucourt
Quatre usines métallurgiques sont mentionnées dans l'inventaire général de la base Mérimée
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