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Guémené-sur-Scorff

Morbihan · Bretagne

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Guémené-sur-Scorff

L'histoire de Guémené-sur-Scorff, en Morbihan, est indissociable de son château et de la seigneurie qui s'y développa. La localité n'est d'abord qu'une simple trève dépendant de la paroisse de Locmalo. Une motte castrale est édifiée dans la première moitié du XIe siècle par Guégant, fils de Piriou et neveu d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille : Guégant donne son nom au lieu, Kemenet-Guégant. Au début du XIIe siècle, le fief est absorbé par Alain Ier de Rohan, et la motte cède la place à un château de pierre. En 1384, Charles de Rohan hérite du fief et devient le premier de la lignée des Rohan-Guémené. En 1570, le roi Charles IX érige le fief en principauté, qui demeure dans la maison de Rohan-Guémené jusqu'à la Révolution.

Toponymie de Guémené-sur-Scorff

Le nom de la localité est attesté sous la forme Kemenet-Guégant en 1160. Le premier élément, issu du vieux breton kemenet, est le participe passé de kemen (« mander, commander, ordonner »), du verbe latin commendare d'après Joseph Loth, et signifie par extension « fief, bénéfice ». Le second élément, Guégant, est un anthroponyme : le sens global est donc « fief de Guégant ». La mutation du « K » initial en « Gu » s'explique par une règle de la langue bretonne pour les mots féminins précédés de l'article. Guémené devient Guémené-sur-Scorff ; le nom breton est Ar Gemene.

Patrimoine religieux à Guémené-sur-Scorff

L'église Notre-Dame-de-la-Fosse remplace un édifice plus ancien qui faisait office de collégiale. Cette collégiale, fondée en 1529 sous Marie de Rohan, était constituée de huit chanoines et quatre archiprêtres, mais déclina à la suite du délaissement du château par les seigneurs de Guémené. Tombée en ruines, l'église est reconstruite en 1820. Seules y subsistent les anciennes stalles du chapitre, dont les panneaux sculptés ornent désormais les autels latéraux. La principale originalité de l'église est son absence de clocher : celui-ci s'est effondré en 1757 faute d'entretien. Pour le remplacer, un clocher-campanile fut construit en 1761 sur une hauteur à une cinquantaine de mètres de distance, sous la forme d'une grosse tour carrée surmontée d'un dôme. Le quartier religieux abrite également la Psallette, une maladrerie située près du presbytère, ainsi que la fontaine Notre-Dame-de-la-Fosse. En 1691, alors que la collégiale menaçait ruine, l'évêque de Vannes, Mgr François d'Argouges, y interdit les célébrations religieuses, transférées provisoirement dans la chapelle Saint-Joseph, qui était la chapelle de l'hôpital. Jusqu'en 1790, un compromis maintenait l'équilibre entre Guémené et Locmalo : le doyen de la collégiale était en même temps recteur de Locmalo. Jean-Baptiste Ogée indique en 1778 que Guémené est dans l'évêché de Vannes et dispose alors d'une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et d'un couvent d'Hospitalières.

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