Guiscriff
Morbihan · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Guiscriff
Guiscriff, commune du Morbihan en Bretagne, compte 2 061 habitants. Son territoire conserve la trace d'une occupation très ancienne, attestée par plusieurs monuments mégalithiques de la fin du Néolithique : l'allée couverte de Kerviniou, longue de dix mètres, le menhir de Ty Jambou, ainsi qu'un tumulus de l'Âge du bronze moyen dit tumulus de l'Hermitage.
La paroisse de « Guiscri » apparaît pour la première fois en 1058 dans le cartulaire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, à l'occasion d'une donation faite par Auffret, vicomte de Gourin. Entre 1088 et 1114, les moines de cette même abbaye fondent un prieuré à Pont-Briant, grâce aux largesses du duc de Bretagne Alain Fergent et du vicomte de Gourin. Vers 1113, un certain Cadoret se fait religieux à Sainte-Croix et offre à l'abbaye deux villages de Guiscriff, dont Saint-Alarun, où se dressait déjà une chapelle dédiée à saint Hilaire.
À l'époque féodale, deux seigneuries se partagent la paroisse : Gournois, qui en couvre les deux tiers et dispose des droits de haute, moyenne et basse justice, et Penéhoc et Trefuret. Certains villages dépendaient de seigneuries ecclésiastiques : l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé possédait des tenues à Saint-Éloi et Saoutalarin, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Languedoret, Bonne Comtesse et Banalou. En 1665 puis en 1668, le prédicateur Julien Maunoir vient évangéliser les habitants de la paroisse. À la Révolution, le recteur Guillaume Hervé, le curé François Guinement et les prêtres Vincent Le Poder et René Guillaume refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé, et la commune devient un bastion chouan à partir de 1794.
Toponymie de Guiscriff
Le nom de la commune est attesté sous les formes Guiscri Plebs en 1099, Guiscrist en 1292 et Guisguri en 1508. Son origine demeure énigmatique : il pourrait associer guic, issu du latin vicus désignant le bourg, et Criff, nom d'un saint difficile à identifier. Une autre lecture rapproche Guisc (« habit, vêtement, armure » en vieux breton) et Ri (« chef »).
Patrimoine religieux à Guiscriff
Guiscriff comptait autrefois neuf chapelles sur son territoire, dont trois ont disparu : Saint-Adrien, Saint-Mathurin et Notre-Dame de Locongé. L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, en forme de croix latine et à faux transept, porte les dates 1670 et 1723, qui correspondent à des restaurations ; ses parties les plus anciennes remontent au début du XVIe siècle, tandis que la tour porche de style baroque a été ajoutée au XVIIe siècle, sa flèche et sa chambre des cloches étant des remplois de l'ancienne église paroissiale de Scaër montés en 1893.
La chapelle Saint-Maudé associe un transept et un chœur du XVIe siècle à une nef plus ancienne ; un vitrail y est classé au titre des objets depuis le 8 mai 1978. La chapelle Saint-Éloi, en croix latine, est élevée sur les terres de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé et abrite une statue en bois polychrome montrant le saint en train de ferrer un cheval. La chapelle Saint-Antoine, en croix latine et à chevet plat, a été édifiée en 1523 par Guillaume de Toutenoultre, capitaine de Brest. S'y ajoutent la chapelle Saint-Tugdual, accompagnée d'une fontaine de dévotion, la chapelle Notre-Dame de Locmaria dont la partie primitive remonte à la seconde moitié du XVIe siècle, la chapelle Saint-Guénaël et le calvaire de Guiscriff.
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