Île-aux-Moines
Morbihan · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire d'Île-aux-Moines
Île-aux-Moines est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 628 habitants. Le nom breton de la commune est Enizenac'h, plus communément Izenah. Elle fut appelée successivement Crialeis (« croix courte ») en 856 dans le cartulaire de Redon sous la forme « Crialeis, id est enes-manac ad faba », puis Enez manac'h (graphie du: Enest Manach), qui donna la contraction du breton actuel en Enizenac'h. « Île-aux-Moines » n'est que la traduction imprécise du toponyme breton qui ne parle que d'un moine (il est possible que l'île ait été le refuge d'un moine ermite) alors que la francisation en voit plusieurs.
L'Île-aux-Moines est habitée depuis l'époque néolithique comme l'attestent les dolmens encore visibles ainsi que d'autres vestiges. La première mention de l'existence du cromlech de Kergonan date de 1827 et il est classé monument historique dès 1862; il subsiste 24 des 36 menhirs décomptés en 1877; ils forment désormais une enceinte en forme de fer à cheval (96 m d’ouverture et 70 m de profondeur); le plus grand est surnommé « Le Moine » car son aspect le fait un peu ressembler à un moine. En 1923, Zacharie Le Rouzic observe qu'une hache est gravée sur l'un des menhirs. René Merlet a montré en 1929 que le cromlech de Kergonan forme un ensemble avec celui d'Er Lannic: pour un observateur situé à Er Lannic le soleil lors du solstice d'été se lève exactement sur une ligne passant par la pointe d'un des menhirs de Kergonan (intégré depuis 1825 dans une maison) et le centre de l'ellipse que forme le cromlech de Kergonan. René Merlet a aussi dressé un plan très précis du monument et daté le cromlech entre 5 000 et 3 000 avant notre ère. Deux dolmens à couloir se trouvent l'un à Kerno, l'autre à Penhap; deux petits dolmens sont situés côte à côte à Pen Nioul. Des traces d'occupation à l'époque gallo-romaine ont également été découvertes au bourg. L'Île-aux-Moines est issue, comme sa paroisse-mère Arradon, d'un démembrement de la paroisse de Ploeren.
dans lesquelles il est fait mention pour la première fois de l'Île-aux-Moines lors du don de l'île fait par Erispoë à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. Une boîte en fer cachée dans un muret de pierres sèches et contenant des pièces de Louis le Débonnaire (mort en 840) fut découverte en 1904 à Kerscot. En 854 (ou du moins entre juillet 851 et le 28 septembre 855), le roi de Bretagne Erispoë fit don de cette paroisse à Conwoion, fondateur de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon (créée par son père, Nominoë). « Cette charte conserve et indique comment Erispoë donna la paroisse appelée Chaer, avec les tenues qui en dépendent et leurs colons, à savoir Avaellon, Clides et Villata, avec ses vignes et prairies, et l'île appelée Crialeis, c'est-à-dire Enesmanac, en fief aux moines de l'abbaye de Saint-Sauveur, en aumône pour son âme et pour le règne de Dieu. Il fit ce don en déposant son gant dans les mains de l'abbé Conwoïon à l'endroit appelé Cancell. Fait en présence de nombreux hommes nobles. Témoins: Erispoë, qui fit le don et ordonna de le confirmer, Budic, Hoiarnocet, Worveten, Penot, Pascweten, Festgen, le diacre Félix, le prêtre Meior, le seigneur Lothaire, le roi Charles régnant, Erispoë gouvernant la Bretagne, Courantgen étant évêque dans la cité de Vannes ». L'île sert alors de grenier pour l'abbaye.
Après les invasions normandes du, l'île est rattachée à la paroisse d'Arradon. En 1543, elle est érigée en trève, sous le nom de trève de Saint-Michel, dépendant de la paro En 1792, elle devient une commune sous le nom francisé d’Isle-aux-Moines. L'église paroissiale Saint-Michel est construite en 1802; elle a été agrandie à trois reprises par la suite en 1871, 1902 et 1931. Un décret de 1829 décide que « les pilotes de Locmariaquer et de Port-Navalo feront à tour de rôle l'entrée des bâtiments [dans le Golfe du Morbihan] jusqu'à destination; ceux de l'île aux Moines et de l'île d'Ars feront aussi, à tour de rôle, la sortie des bâtiments ».
Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi l'Île-aux-Moines en 1843 En 1887 une délégation des royalistes de Vannes, d'Arradon, de Plescop, de Sarzeau, de Theix, de l'Île-aux-Moines et de Saint-Avé se rendit à Jersey afin d'y rencontrer le comte de Paris qui y était en exil. Le journal Le Constitutionnel fait en 1888 référence à une brochure du docteur J.-J. Mauricet, qui exerça la médecine sur l'île pendant une cinquantaine d'années et en publie un assez long extrait. Il décrit notamment le pardon de la Saint-Michel, « fête religieuse qui réunit toutes les familles, qui appelle dans l'île les dignitaires du clergé, les amis intimes et une foule de curieux. Elle se termine par des repas où figure, sur toutes les tables, un gâteau national désigné sous le nom de fard »; l'auteur écrit aussi que beaucoup des enfants sont orphelins de père, mais « l'Océan, qui a déjà englouti le père, n'en a pas moins pour le fils un attrait irrésistible (.); il est vrai que ces hommes énergiques ont été élevées par des femmes exemplaires », presque toutes vêtues de noir en raison des deuils. Un décret du 16 août 1888 du préfet du Morbihan laïcise l'école congréganiste des garçons de l'Île-aux-Moines. En 1889 Benjamin Girard écrit qu'à l'Île-aux-Moines « la population est en général aisée; les hommes sont presque tous marins.
L'île fournit un grand nombre de capitaines au long-cours et de maîtres au cabotage ». s des sinagots (carte postale Henri Laurent, 1907). En 1901 le docteur Motel, d'Arradon, demande l'adoption d'un tarif spécial pour ses visites à l'Île-aux-Moines en raison du « retard résultant du passage par eau et du défaut de moyens de communications dans l'intérieur de l'île ». Les hommes bourlingent », évoquant « l'île de la propreté méticuleuse. Son sol est tenu comme le plancher d'un navire de guerre, et ses maisons, fraîchement chaulées ». La plaque commémorative située dans l'église paroissiale porte les noms de 26 marins et soldats morts pour la France. En 1918 les habitants de l'île-aux-Moines se plaignent de la « situation extrêmement précaire en ce qui concerne leurs relations avec le continent », arguant que « le bateau à vapeur relie l'île-aux-Moines à Vannes seulement » et « ne prend ni les chevaux ni les bêtes à cornes; voici donc les 20 fermes de l'île, représentant 400 à 500 hectares, dans l'impossibilité de faire le commerce de ces animaux » et demandent de rétablir un service de passage avec la pointe d'Arradon comme il en existait un, autrefois et jusqu'à ces dernières années, assuré « par un passeur disposant d'une barque solide et large, entre la pointe du Trech et celle d'Arradon ». En 1924, une "Reine des îles" et deux demoiselles d'honneur sont élues pour la première fois à l'Île-aux-Moines.
Cette même année, des travaux d'élargissement de la cale de débarquement de Toul-in-Dag (Toulindac) sont décidés car « par suite du grand nombre de passagers et de marchandises, elle est devenue tout à fait insuffisante »; les travaux commencèrent en 1926. Le monument aux morts de l'Île-aux-Moines porte les noms de 20 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale (la plaque commémorative de l'église porte elle 22 noms); parmi elles deux personnes d'origine juive réfugiées à l'Île-aux-Moines et victimes de la Shoah, des marins et des résistants. En 2002, l'association française pour l'hommage aux Justes parmi les nations a honoré les personnes qui les avaient protégés. Entre 2022 et 2024, l'enquête d'une journaliste de Ouest-France a permis de restaurer cette mémoire. La même année, en souvenir de ces déportations, cinq pavés dorés (stolpersteine) ont été officiellement posés sur la cale de l'île. Il ne subsiste en 2020 dans l'île aucune activité agricole. Une tentative de création d'une entreprise maraîchère a échoué en 2016 faute de trouver des terres agricoles disponibles. Le 1 février 2020 un nouveau médecin s'installe dans l'île, mais il a fallu en chercher un pendant deux ans et son installation a été rendue difficile par la difficulté de trouver pour elle un logement, en raison du prix de l'immobilier dans cette île très touristique.
En 2020, l'Île-aux-Moines est la commune de Bretagne où le prix de l'immobilier est le plus élevé: le prix médian des maisons vendues était de euros, devançant de loin Cesson-Sévigné, deuxième commune avec un prix médian de euros. Des sangliers qui avaient envahi l'Île-aux-Moines en 2020, saccageant des jardins, semblent, à la suite d'une battue organisée en novembre 2020, avoir quitté l'île.
Patrimoine religieux à Île-aux-Moines
Plusieurs vestiges mégalithiques (dolmens et cromlech notamment) subsistent sur la pointe sud On trouve des calvaires aux pointes du Trec'h, de Brouël et de Toulindac (Bois d'Amour) ainsi qu'à Penhap et à la Croix de Kerno. L'église Saint-Michel; mangée par les vers, elle fut restaurée en 1902.
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