Jouy-le-Moutier
Val-d'Oise · Île-de-France
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Jouy-le-Moutier
Commune du Val-d'Oise en Île-de-France, Jouy-le-Moutier compte 17 175 habitants sur un territoire situé entre le massif de l'Hautil et l'Oise, occupé dès le Néolithique comme en témoignent le menhir de Jouy-la-Fontaine et quelques haches de pierre polie.
Le lieu est cité pour la première fois au XIe siècle dans la vie d'Hildeburge de Gallardon, qui se retire avec son fils Ascelin Goël sur une terre proche du village de Joui situé sur l'Oise, avant de gagner l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. À sa mort, la terre de Gaudiaci Villae est donnée à l'abbaye, donation confirmée vers 1116 par Ascelin Goël. Entre 1151 et 1161, le cartulaire de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise mentionne le don d'un fief au Val de Jouy par Robert de Liancourt.
Des bulles de Calixte II puis d'Innocent II indiquent que les religieux vivant à Jouy n'ont alors ni église, ni monastère. La paroisse de Jouy est créée par démembrement de celle d'Andrésy en 1252, à cause de l'étendue du territoire ; Jean Lebeuf situe ce démembrement plus tôt. Vers 1253, la paroisse de Lieux est elle-même créée à partir d'une partie de la paroisse de Jouy, en raison de l'augmentation de sa population vigneronne. La paroisse, qui dépend du bailliage et de la coutume de Senlis, est totalement agricole, l'ensemble du territoire étant en vignes, en terres et en prés.
Au début du XIIe siècle, les moines du prieuré Saint-Martin-des-Champs possèdent dans la vallée de Jouy un labourage, un cens et des hôtes donnés par un moine nommé Bérenger. Jouy est alors l'une des trois paroisses appartenant au diocèse de Paris, doyenné de Montmorency au-delà de l'Oise, avec Andrésy et Lieux. Les cisterciens de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise et de Notre-Dame-du-Val à Mériel sont propriétaires de vignes à Jouy dès le XIIe siècle. Le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris reste le plus important propriétaire foncier du territoire et seigneur de Jouy jusqu'à la Révolution française.
Toponymie de Jouy-le-Moutier
Jouy est attesté sous la forme latinisée Gaudiaci vers 1116, puis Joiacum, Joy en 1195, Joi en 1269, Joyaco en 1482, puis Jouy-le-Moustier. Le nom est issu d'un gallo-roman fréquent, latinisé en Gaudiacum, formé sur l'anthroponyme Gaudius, surnom chrétien basé sur gaudium, gaudia (joie), suivi du suffixe d'origine gauloise -acum. Le déterminant -le-Moutier se réfère à l'église, moutier ayant précisément signifié « église » en ancien français, en dérivant de monasterium, monastère.
Patrimoine religieux à Jouy-le-Moutier
L'église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, Grande-Rue, est classée monument historique par arrêté du 11 décembre 1912. Elle est le fruit de quatre principales campagnes de construction distinctes : au XIIe siècle, pendant la première moitié du XIIIe siècle, pendant la seconde moitié du même siècle, et pendant le XVIe siècle. De plan cruciforme classique, elle se compose d'une nef de trois travées avec ses bas-côtés, d'un transept non saillant, d'un chœur au chevet plat avec ses deux collatéraux, d'un clocher central s'élevant au-dessus de la croisée du transept et d'un grand porche devant le bas-côté nord.
Le clocher est l'élément roman le plus significatif qui subsiste. Il se distingue par ses deux étages similaires, ajourés de deux étroites baies abat-son gémelées par face ; les arcades plein cintre sont cantonnées de colonnes à chapiteaux sculptés en feuillages, surmontées d'archivoltes. La flèche est une pyramide octogonale en pierre, décorée d'écailles, flanquée de quatre clochetons coniques aux angles. Le chœur gothique date de la période de 1220 à 1240 et constitue un ensemble homogène avec ses collatéraux. Pendant la seconde moitié du XIIIe siècle, une nef et des bas-côtés neufs remplacent la nef romane, dont ne reste que la façade occidentale. La nef est refaite une seconde fois au XVIe siècle, le portail nord avec son porche est construit, et le transept est également repris.
Le portail central de la façade occidentale subsiste du XIIe siècle hormis les colonnes refaites au XVIe siècle ; ses chapiteaux de colonnettes sont sculptés en feuilles d'acanthe et supportent une triple archivolte, le tympan étant nu. Ce portail central est surmonté par une baie flamboyante à deux lancettes aux têtes tréflées. En haut des façades des bas-côtés, deux courtes corniches à modillons sculptés en masques ont survécu aux travaux du XVIe siècle. Le territoire conserve aussi le calvaire de Vincourt, rue de Maurecourt, dont la croix en fer forgé caractéristique du milieu rural est montée sur un petit socle récent reposant sur un grand socle beaucoup plus ancien, ainsi que la croix de cimetière, Grande-Rue, dont le socle particulièrement marqué par les traces du temps indique son ancienneté et qui sert également de monument funéraire pour deux curés de Jouy-le-Moutier au XIXe siècle.
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