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Ledringhem

Nord · Hauts-de-France

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Ledringhem

Ledringhem est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 629 habitants. indiquant la route de Ledringhem. Ledringhem / Leereghem: En septembre 2025, Ledringhem a choisi de signer la charte pour la signalétique bilingue français / flamand. Le nom de la commune possède donc deux graphies Ledringhem et Leereghem.

(cartographe) et Johannes Bussemacher (graveur et éditeur à Cologne). (1757) montrant Wormhout, Cassel et Ledringhem. Les noms de Ledeghem, trouvé en 1220, de Ledergem (Dries van L., traduisible par trieux de Ledergem) datant de 1347 et de Lederghem (L-velt dép.

d’Oostakker, traduisible par champ de Lederghem dépendant d'Oostakker), donné en 1550, mentionnés par Auguste Van Lokeren dans Histoire de l'Abbaye de Saint-Bavon et de la crypte de Saint-Jean à Gand et cités dans le même paragraphe que Ledringhem dans l'index topographique, ne semblent pas correspondre à la commune Cette explication, trouvée dans le tome II, à la page 572 de Flandria Illustrata (1641), et bien que douteuse, est également fournie pour le nom du village voisin de Lederzeele. Elle provient d'Antoine Sandérus (1586-1664) qui écrivit, en citant Malbrancq: Lederam pluribus ab ortu suo pagis nomem communicantem (Le Leder est la source de beaucoup de noms du pays).

Elle est contredite par les formes les plus anciennes du type Leodring- en 723; Lidringhere (lire *Lidringhem) en 1207; Leedringhem en 1245, etc.

Des diagnostics archéologiques ont été conduits en 2003 et en 2013. Le diagnostic de 2013 a été réalisé par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Les fouilles se situaient au sud du village (site appelé « Route d'Arnèke »), aux abords de la rivière Peene Becque. Elles ont révélé trente-deux vestiges dont vingt-et-un ont pu être attribués à une période chronologique. À l'ouest de la zone fouillée, des vestiges ont été attribués au second âge du fer (La Tène). D'autres vestiges ont pu être rattachés à l’époque gallo-romaine. De plus, au nord de la zone de fouilles, d'autres vestiges ont été attribués au bas Moyen Âge. Enfin, d'autres vestiges, plus récents, datant des ont été mis en évidence, ainsi que d'autres, encore plus contemporains.

Des monnaies et objets monétiformes ont été collectés sur le site Les Grenouilles à Ledringhem. Un objet est une bulle de plomb de Andrea Contarini, datant. Une monnaie est un daalder d'une valeur de représentant Frédéric de Bergh fabriquée en 1579. Les deux autres objets sont des poids de plomb, l'un montrant un cavalier et l'autre une Fleur-de-lis. Le village de Ledringhem était traversé par une voie romaine menant de Cassel à Mardyck à travers la Flandre maritime. Cette route, encore appelée "Steen Straet" (Chemin de pierre), comme les autres voies romaines de la région, correspond plus ou moins au tracé de la D52 actuelle. Cependant cette voie pourrait dater d'avant l'époque romaine en étant une Chaussée Brunehaut. À l'époque romaine, cette voie ne devait pas mener à Mardyck, comme aujourd'hui, mais ne devait pas aller au-delà de la Colme, un des bras morts de l'Aa, entre Watten et Bergues, aujourd'hui canalisé.

Le village remonte certainement à l'époque celte ou gallo-romaine. Il s'agit de statères (de type morins, de et, de type nerviens avec l'inscription "VIROS" et de type ambiens). Ces pièces ont été connues localement sous le nom de boutons de Ledringhem. En -55, lors de la guerre des Gaules, César, est de retour de Bretagne (Britannia, nom latin de la Grande-Bretagne) où il a soumis les Bretons. Cependant, deux navires, qui ont dérivé, abordent le continent plus loin que le gros de l'armée et sont pris à partie par une troupe de Morins. Les Gaulois belges sont battus et César envoie Labienus, avec les légions ramenées de Bretagne, pour châtier leur nation. Labienus réussit à les soumettre.

Les Ménapes, eux, échappent aux Romains de Quintus Titurius et Lucius Cotta. L'armée romaine prend ses quartiers d'hiver chez les Belges. Après la conquête des Gaules, César transforme les territoires conquis en provinces romaines. Les Ménapiens deviennent la tribu contrôlant la zone du Houtland après la disparition des Morins. Un système de centuriation romaine pourrait exister dans la région entourant Cassel. Elle serait basée sur une unité de cadastre (centurie) de environ avec une orientation pas strictement fixe (31° N.O. Cette orientation se retrouverait notamment dans l'axe de l'église de Ledringhem.

Les Francs sont un des nombreux peuples germaniques installés sur la rive droite du Rhin, à l'extérieur des frontières de l'Empire romain. Dès 256-257, ils participent à la grande invasion qui pénètre dans l'Empire pour piller. Ils prennent part à de nombreux autres raids ultérieurement. Tout d'abord installés entre Rhin et Ardennes en tant que Lètes, les Francs s'étendent petit à petit sur le territoire de l'ancienne Gaule belgique. Ils se séparent progressivement en deux groupes, les Francs saliens et les Francs rhénans, au nord de la Gaule belgique, de part et d'autre du Rhin. Les Francs ne sont pas une nation unie avant le. Les Francs saliens deviennent de plus en plus fédérés à l'Empire romain, alors que les Francs rhénans évitent le contact. Ledringhem est cité comme faisant partie du royaume franc en 723, sous , dans le cartulaire de saint Bertin.

Selon Raymond de Bertrand, dans son livre Histoire de Mardick et de la Flandre maritime, paru en 1852, beaucoup de villages des Flandres n'avaient pas encore d'église vers 800 et seuls, Bergues, Gravelines, Mardyck, Bourbourg, merckeghem, Ledringhem et Brouckerque en possédaient une. On désignait alors ces localités sous le nom en Latin Vicus cum templo (villages avec églises) (et selon la carte de Malbrancq). C'est une idée que reprend Albert Jannin en 1905. Durant le Moyen Âge, Ledringhem fait partie du comté de Flandre, l'un des territoires constituant la région historique des Pays-Bas qui exista de 862 à 1795. De 1121 à 1130, Thomas, moine de Saint-Bertin, à Saint-Omer, devient abbé de Saint-Winoc, à Bergues, coopté par Hermès, son prédécesseur. Il restaure l'abbaye après l'incendie de 1121 ou 1125 et bénéficie de la bienveillance du Pape qui donne en 1127 à l'abbaye toute juridiction sur les églises de Bergues, Wormhout, Warhem, Quaëdypre, Spycker, Armbouts-Cappel, Coudekerque, Ghyvelde, Esquelbecq, Ledringhem et Grande-Synthe. De 1323 à 1328, des personnes de Ledringhem prennent part à la révolte des paysans en Flandres (révolte des Karls) et à la bataille de Cassel. Rédigé en 1330, le texte du manuscrit de la bataille de Cassel liste les noms de ceux qui périrent à cette bataille en 1328 avec leurs possessions.

Cinq noms sont listés pour Ledringhien (Wautiers li Weert, Jehan der Kindre, Michieus der Kindre, Wyl de Vernorsene et Michieus Rase, tous possédant quelques mesures de terrain). Le vendredi 23 avril 1406, un clerc pénétrant dans l'église de Wormhout, jusqu'alors fermée, trouve le manteau de la statue de la Vierge aux pieds de celle-ci. Le manteau, remis deux fois à sa place, est retrouvé à terre, le samedi, puis le dimanche 25 avril, et on constate que la Vierge verse des larmes en abondance et que son visage exprime une grande douleur. Selon Edmond-Louis Blomme, les archives de l'église de Wormhout relate que le curé de Ledringhem et les paroissiens de la commune sont témoins du miracle. En 1436, Wautier de Ghistelles est seigneur d'Ekelsbeke et de Ledringhem et gouverneur de l’hôpital de La Madeleine à Bierne. Aux, les changements d'éthique et sociétaux dus à la Renaissance et la Réforme protestante influencent la construction d'églises. Le style commun des églises de cette époque ressemble au gothique, mais en version simplifiée. La basilique n'est plus le type le plus populaire, mais des églises-halles sont construites à la place.

Leurs caractéristiques sont les colonnes et les chapiteaux classiques. À Ledringhem, l'église du village, qui est de type église-halle, est construite en 1548. Du point de vue religieux, la commune est située dans le diocèse de Thérouanne jusqu'en 1553, année où la ville de Thérouanne est détruite par les troupes de Charles Quint. La commune est ensuite rattachée au diocèse d'Ypres, dans le doyenné de Bergues. Pendant la Réforme aux Pays-Bas, un mouvement iconoclaste se développe et est appelé la Furie iconoclaste (Beeldenstorm en néerlandais). Un épisode se déroule à Ledringhem le vendredi 16 août 1566. Dans une description des évènements, donnée le livre Beggars, iconoclasts, and civic patriots: the political culture of the Dutch Revolt, de Peter J. Arnade, il est fait mention de Jan de Druck, qui fut un iconoclaste très actif.

Celui-ci participa aux attaques à Broxeele, Eecke, Oud- et Zuud Berkijn (Vieux-Berquin et Neuf-Berquin) et à Ledringhem, faits pour lesquels il fut condamné à mort le 28 octobre 1567, par la cour du duc d'Albe, le conseil des troubles. Ses crimes se sont concentrés sur la destruction d'objets d'art religieux dans les églises des paroisses à la mi-août 1566. Il pilla aussi plusieurs autels à Ledringhem, y volant de l'argent, pour un montant de trois ou quatre livres parisis, destiné à la « dévotion commune ». Les actes de Druck étaient dans le même style que ceux d'autres individus isolés ou en petits groupes. À Ledringhem, le 10 septembre 1566-, une foule de quelque prirent d'assaut la maison du prêtre, y prenant leur repas et y buvant à volonté avant de s'y établir pour la nuit. Reposés, le matin suivant ils saccagèrent l'église, y détruisant quatre autels. Ils s'éparpillèrent ensuite au cours de la journée, certains choisissant d'aller à Esquelbecq, d'autres à Arnèke, tous s'arrêtant en route pour écouter des sermons, et s'en retournant à la tombée de la nuit, cette fois-ci, à la maison du chapelain, pour se procurer des vivres et dérober quatre chandelles. Ensuite, ils visitèrent de façon aléatoire des maisons à la recherche d'objets que des privés pourraient avoir caché, ou d'autels ou de sanctuaires domestiques.

Ledringhem est l'un des 6 fiefs de la châtellenie de Bergues, composée de 24 villages sous la juridiction des Contes de Flandre. Esquelbecques et Ledringhem font partie du même fief, mais les deux villages ont leurs propres magistrats. Il y a une dépendance de la seigneurie de Ledringhem au seigneur d'Esquelbecq. Le châtelain doit cependant partager le pouvoir avec la Cour féodale ou Peron de Bergues, propriété du souverain (comtes de Flandre puis rois de France) qui détient des droits sur Ledringhem, ce qui est source de nombreux litiges entre les deux pouvoirs concernant leurs droits et pouvoirs respectifs. Il existe une seigneurie de Ledringhem. Au, elle appartient au baron d'Esquelbecq, paroisse située dans la mouvance de la châtellenie de Bergues et de la Cour féodale de Bergues. De février 1638- à mai 1638, un épisode de peste fit des victimes à Ledringhem. En 1658, après la bataille des dunes, remet la ville de Dunkerque aux Anglais.

Quelques jours après la bataille des Dunes, Bergues et Furnes tombent aux mains des Français. Le roi anglais revend Dunkerque à en 1662. La rivière Peene Becque a donné son nom à une célèbre bataille; la bataille de la Peene qui est livrée entre Noordpeene et Zuytpeene le 11 avril 1677, opposant Philippe d'Orléans, frère cadet du roi, aux Flamands. Elle cause le rattachement des châtellenies de Cassel, de Bailleul, et d'Ypres, et de la ville de Saint-Omer à la France (auparavant possessions des Pays-Bas espagnols). Vauban, ingénieur et architecte militaire auprès du roi, arrive à mettre en place sa politique du Pré carré. Localement, l'enceinte de Bergues est l'une des places fortifiées de première ligne et celle de Saint-Omer est l'une de celles de la seconde ligne. Au total, la frontière du nord de la France est lissée et comprend moins d'enclaves. Selon Joseph Dezitter (1883-1957), la construction du moulin de Ledringhem date de 1717 au début du règne de.

Blomme dans sa monographie parue en 1895 signale la présence de deux moulins. Sur une vieille carte postale du début du, le moulin ressemblait à celui de l'image de couverture du livre de Michel Tomasek dédié à J. Il s'agissait d'un moulin sur pivot. Deux noms d'instituteur sont connus ayant exercé à Ledringhem: J.-B. Samarcq, de 1750-1776, remplacé par J.-B. Soulliaert, qui donna sa démission en 1792 (donnée en flamand, selon les archives municipales). Le territoire est divisé en 4 secteurs (A, B, C et D). On voit la présence d'une zone boisée au nord-est et que le moulin de Ledringhem est localisé au niveau du premier tournant du chemin d'Heenhout.

Lors des états généraux, deux députés, Jean Hondermarck et Alexandre Fauverge, sont envoyés pour présenter le cahier de doléances des habitants de la "vassalerie de Ledringhem" à Pierre Anthoine Verborg, lieutenant bailly, en mars 1789. Par la suite, Ledringhem fait partie du canton d'Esquelbecq, dans le district de Bergues, une ancienne division territoriale française du département du Nord de 1790 à 1795. Pendant la Révolution française, la commune va connaître une certaine agitation en juin 1791; elle serait liée à la propagande contraire à la Révolution, répandue par le clergé réfractaire (membres du clergé ayant refusé de prêter le serment exigé par la constitution civile du clergé, qui veut soumettre les ecclésiastiques au pouvoir civil). En novembre 1792, le district de Bergues reproche au maire de Ledringhem d'opposer une résistance larvée à l'installation du prêtre constitutionnel Dewarver (on reproche au maire de refléter l'état d'esprit de la population du village plus ou moins hostile à la volonté des révolutionnaires de contrôler la religion). Déjà en novembre 1791, le prêtre jureur avait dû subir en plein service divin, le jour de la Toussaint, les « insultes et avanies » proférées par l'abbé Denet, ancien curé de la paroisse. En 1793, le nom du maire de Ledringhem, P.J. Labelle, et celui du prêtre de la commune jusqu'à la Révolution, Jacques Benoît Louis Denet, figurent sur une liste de personnes ayant fui en exil en Allemagne. Le 3 octobre 1792, James O'Moran est nommé lieutenant général.

En 1793, il reçoit le commandement du camp de Cassel, où il trouve l'armée du Nord en position de défense des Flandres contre les Britanniques et les Prussiens. À l'arrivée à son poste en avril, O'Moran fait le tour des places fortes sous son commandement (Cassel, Bergues, Dunkerque et Bailleul) pour les mettre dans un état de préparation à l'attaque ennemie. Il écrit dans ce sens une lettre à la municipalité de Ledringhem, le 1 juillet 1793. Dans la nuit du 4 9- 1793- au 5 septembre 1793, une bataille oppose une troupe de en poste à Ledringhem (Lereghem, dans le texte de la Gazette de Leyde ou Les Nouvelles extraordinaires de divers endroits, qui relate le fait) à des troupes hanovriennes envoyées par le maréchal von Freytag venues les repousser, en prémisses à la bataille de Hondschoote du 8 septembre 1793. Selon Joseph Dezitter, en 1938, c’est au moulin de la Clyte, situé entre Arnèke et Ledringhem, près de la voie romaine, que se produisit la première rencontre des soldats de l’armée de Jean Nicolas Houchard avec les troupes ennemies. Il écrit que, dans ses charpentes, on retrouve trois trous de projectiles dont l’un est entouré d’une inscription en langue flamande, gravée par le meunier en souvenir du combat. À la suite de l'annexion des Pays-Bas autrichiens, Ledringhem et sa région deviennent voisins du nouveau département de la Lys le 1 octobre 1795. L'arrêté autorise le maire de Ledringhem, Jean Baptiste Hondermarck (successeur de P.J.

Labelle) à accepter, au nom de sa commune, la donation par la demoiselle Denet (de la famille de Jacques Benoît Louis Denet, prêtre de la commune jusqu'à la Révolution), du presbytère pour y loger le nouveau curé constitutionnel. On voit qu'un bois le long du Chemin du Nord se situe dans le coin nord-est de la commune. Ledringhem fait partie du département napoléonien du Nord au cours du Premier Empire en 1810. La plus grande partie des Pays-Bas est également annexée. Après la défaite de Napoléon à Leipzig en octobre 1813, les troupes françaises se retirent en France. Le traité de Courtrai signé le 28 mars 1820 établit les frontières entre la France et le royaume uni des Pays-Bas. Aujourd'hui, ces frontières existent toujours, avec quelques modifications mineures, en tant que frontières officielles entre la Belgique, État créé en 1830, et la France. On recense, nés à Ledringhem, morts lors des campagnes napoléoniennes.

Les lois Guizot de 1833 et Falloux de 1850, instituent l'enseignement primaire en France. Elles imposent à toutes les communes d'entretenir au moins une école primaire élémentaire. Le bâtiment de l'école municipale date de 1857. Toujours selon la monographie de Blomme (détails donnés au chapitre XXII, à partir de la page 145), elle a été précédée d'une école dominicale fondée en 1770 ou 1771, située sur un terrain dépendant du presbytère (actuelle mairie) et qui fut détruite en 1856 à la suite d'un arrêté préfectoral en imposant la fermeture. Une école des filles fut créée en 1881 par division de la classe de l'école mixte. de 1866, Feuille Saint-Omer N.E. Sur la feuille Saint-Omer N.E.

de la carte d'état-major de 1866, on voit que le bois qui se situe dans le coin nord-est de la commune s'appelle Bois du Nord. Il est traversé par le chemin de Rubrouck, appelé chemin du Nord sur la carte, et s'étendant plus au nord sur le territoire d'Esquelbecq. On y voit aussi la ligne de chemin de fer allant de Dunkerque à Lille, avec des gares à Arnèke et à Esquelbecq. C'est Charles Louis Guilleman (1832 - 1879) qui est meunier à Ledringhem. De 1910 à 1951, une ligne de la Société générale des chemins de fer économiques (SE), appelé localement Le petit train des Flandres, passait au nord du village, reliant Herzeele à Saint-Momelin, avec des arrêts en Gare de Wormhout, en Gare de Zegerscappel et en pleine voie à Esquelbecq au lieu «Pavé de Bergues». Lors de la Première Guerre mondiale, le territoire du village est épargné par les combats. Le plan Schlieffen de l'état-major allemand en 1914 est d'envahir la Belgique pour plus facilement attaquer la France par le nord. Lors des premières phases des combats, la première armée du général von Kluck passe plus au sud, au niveau de la Lys.

Puis lors de la course à la mer, la dernière étape de la guerre de mouvement, les combats ont lieu en Belgique. Ensuite, dans la phase de la guerre des tranchées, le front se stabilise du côté belge de la frontière. Poperinge et Furnes sont les seules villes belges à ne pas être occupées par les Allemands. Le général britannique Douglas Haig installe son quartier général à Poperinge. Cassel devient pour un temps le quartier général du général Foch. Une zone de cantonnement s'organise à à l'arrière des zones de combats qui se déroulent plus à l'est vers Ypres. Ledringhem devient un lieu de repos et notamment les fermes sont mises à disposition des soldats. Parmi les soldats ayant séjourné là, on peut citer Nissim de Camondo (1892-1917), banquier et aviateur français, maréchal des logis au régiment de hussards au début de la guerre, qui y apprécie en novembre 1914 son logement dans une ferme (ferme épatante, difficile à faire ouvrir la porte), selon son journal de campagne.

Le de cuirassiers est stationné là de décembre 1914 à septembre 1915. Le capitaine Schneider y écrit le 2 décembre 1914 une carte lettre à Ferdinand Destouches, père du maréchal des logis Destouches (Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline) pour lui annoncer l'hospitalisation de son fils à l’hôpital militaire d'Hazebrouck. Le Colonel Blacque-Belair écrit le 27 décembre 1914- qu'il a obtenu pour son fils une médaille pour sa blessure et son courage. Ensuite, c'est le régiment de cavalerie britannique du qui y est cantonné le 7 mai 1915, puis la de la Royal Field Artillery en mai 1916–juin 1916, le de la Royal Marine du 14 11- 1917- au 22 novembre 1917, le d'artillerie lourde français et le de dragons en mai 1918, enfin le d'artillerie de campagne en août 1918. Ces troupes françaises sont finalement remplacées du 26 6- 1918- au 28 juin 1918 par des soldats anglais des et brigades de la. Des lignes ferroviaires militaires sont créées dans la zone de cantonnement. Il s'agit de lignes à voie de de largeur de type Decauville. Une gare est créée à Ledringhem au niveau du lieu-dit La Potence, appelée Gare d'échange Sud.

Elle est connectée avec la boucle du Bayard Veld à Arnèke, à la gare Galg Houck triage de Zegerscappel, à la gare d'échange Nord de la Steene Straete d'Esquelbecq, elle-même connectée à la gare principale d'Esquelbecq, et, passant via Wormhout et Oudezeele, à la gare de Steenvoorde. Un dépôt de munitions (de fusées) explose à Ledringhem le 7 juin 1918. Le « bois du Nord », un bois au nord-est de la commune, a probablement été la victime collatérale de ce conflit, alors que les alliés avaient besoin d'énormes quantités de bois pour le chauffage, pour la construction des tranchées, des abris, ou pour la fabrication de traverses de chemin de fer À la fin de la guerre, en réponse à un questionnaire à propos des rapports entre les troupes alliées et la population, l'instituteur et l'institutrice du village, et, ont écrit qu'il y a eu des Anglais (Anglais, Écossais, Sud-Africains, Canadiens, Australiens, et Néo-zélandais) de 1915 à 1918 et des Américains en juillet 1918 et du 15 décembre 1918 au 15 décembre 1919. Ils relatent qu'on ne s'est pas battu à Ledringhem et que les relations entre les soldats et les enfants étaient bonnes, bien que les militaires distribuaient des cigarettes aux enfants, ce qui les incitait à commencer à fumer. La bataille de France, l'opération militaire désignant l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France par les forces du Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale, débute le 10 mai 1940, mettant fin à la « drôle de guerre ». Les forces belges tentent en vain de contenir l'ennemi à la bataille de la Lys qui commence le 23 5- 1940- et dura cinq jours. Les alliés mirent en place un système de défense en hérisson, appelé les « hérissons de Waygand ».

Devant l'enfoncement des lignes, les britanniques décidèrent unilatéralement de se retirer via le port de Dunkerque. Le field marshal John Gort envoya des troupes pour former un dispositif pour retarder l'avancement des allemands, dans lequel Ledringhem était l'un des éléments, afin de gagner du temps pour organiser le retrait des troupes par Dunkerque. Au niveau des forces françaises, on peut citer le de reconnaissance de division d'infanterie qui est présent, de retour de cette bataille où il a aidé les forces belges, d'abord à Bergues, puis à Watten pour défendre les ponts sur l'Aa. est localisé à l'ouest de Ledringhem et la division d'Infanterie motorisée du groupe blindé de Guderian à son est. Le bataillon britannique du « Glosters » est à Ledringhem et à Arnèke en mai 1940 afin de contenir l'avancée des troupes allemandes et permettre l'évacuation de Dunkerque. Le bataillon prend position le 26 mai 1940- et l'attaque survient le jour suivant. Le 28 mai 1940-, le bataillon est concentré à Ledringhem. Les soldats britanniques sont opposés au d'infanterie allemand.

À la suite du pilonnage du village par les Allemands, les Britanniques se regroupent et sont encerclés. Ils doivent recourir à des charges à la baïonnette pour se libérer de l'étreinte des troupes ennemies. Ces dernières doivent recourir aux lance-flammes pour contrer les attaques. Le major Anthony Durrant Waller, commandant du bataillon britannique, meurt d'une balle dans la tête le 29 mai 1940- en allant vérifier la présence d'une patrouille ennemie à l'arrière de la mairie, servant alors de quartier général. Il est inhumé dans le cimetière militaire de Ledringhem. Le bataillon reçoit son ordre de retraite dans les premières heures du 29 mai 1940-. Les Britanniques se replient à la lueur des incendies dans la nuit du 28 5- 1940- au 29 mai 1940- vers le Rietveld à Wormhout puis vers Herzeele. Les survivants atteignent la plage de Bray-Dunes le lendemain soir et sont évacués à l'aide de petits navires.

La défense de Ledringhem fait plusieurs victimes civiles et coûte la vie à du Gloucestershire Regiment. De nombreux autres militaires sont faits prisonniers. Parmi ceux-ci, certains, anglais et gallois, sont emmenés pour être victimes du massacre de la Plaine au Bois à Wormhout le 28 mai 1940. De leur côté, les soldats français sont démoralisés, en voyant que les sacrifices consentis lors du premier conflit mondial n'ont servi à rien. Ils ne participent que peu aux combats. Le journaliste pacifiste, écrivain prolétarien et syndicaliste libertaire français César Fauxbras, ayant déjà été mobilisé en 1914-18, est de nouveau mobilisé dans l'Armée de terre. Il est fait lui aussi prisonnier le 29 mai 1940- à Ledringhem. Il relate l'épisode au début de son livre La Débâcle, qui décrit l'état d'esprit des soldats français au cours de la campagne de 1940.

Le moulin de Ledringhem est brûlé lors des combats de mai 1940. La tête sert à réparer le Drievenmeulen, un des moulins de Steenvoorde, abîmé lors d'une tempête en novembre 1940. À proximité de l'emplacement de ce moulin se trouve désormais un lotissement d'une trentaine de maisons datant de 2004/2005, la rue parcourant ce lotissement ayant été nommée « Chemin du Moulin ». Les archives municipales de Ledringhem sont également (partiellement au moins) détruites lors de ces évènements de mai 1940. Des éclats d'obus et autres munitions peuvent encore être déterrés de nos jours par les travaux agricoles dans les champs de Ledringhem. Certaines habitations portent encore les balafres de tirs de mitraillettes sur leurs murs. Les soldats Baert Jules, né le 18 12 1902 à Ledringhem, cl., du 511 R.P. (à Bocholt) et Debavelaere Roger, né le 4-8-1904 à Ledringhem, cl., du 1" R.G.T.

(à Soultzbach-les-Bains, Bad Sulzbach en allemand), figurent respectivement sur les listes officielles de janvier 1941 et de mai 1941 des prisonniers de guerre recensés par l'Allemagne. Après mai 1940, la ligne du Nord-Est ( en allemand) ou ligne noire (également appelée « ligne du Führer ») est créée le 7 juillet 1940 et mise en fonction le 20 juillet 1940- de la même année. Elle s'étend de la Somme à la frontière suisse. Les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont rattachés au gouvernement militaire de Bruxelles. À partir du 18 juillet 1944, Hitler change le statut du territoire qui devient alors le « Commissariat du Reich de Belgique et du Nord de la France » ou « Commissariat du Reich pour les territoires occupés de Belgique et du Nord de la France ». Ce statut transitoire ne dure que quelques mois avant que le territoire soit divisé en décembre 1944 entre les Reichsgaue de Flandres et de Wallonie et le District de Bruxelles. En pratique, les territoires sont alors déjà libérés ou en cours de libération. Dans le cas de Ledringhem, la libération intervient au début du mois de septembre 1944.

Cependant, Dunkerque reste assiégé jusqu'en mai 1945. Le cimetière militaire du Commonwealth Ledringhem churchyard se trouve dans l'enceinte du cimetière communal, avec 52 tombes. Le monument aux morts du village, surmonté d'une croix latine, avec des plaques de marbre à sa base, est situé près du cimetière militaire britannique. Il porte les noms de tombés lors du conflit de 1914-18, ainsi que ceux de civiles décédées lors des affrontements de mai 1940. Le nom d'Henri Wallaert (né le 20 mars 1925 à Ledringhem, décédé le 26 novembre 1944 à Laon) apparaît comme seul soldat tombé durant le conflit de 1939-1945. Une rue du village lui a été dédiée.

Patrimoine religieux à Ledringhem

La mairie est située dans un bâtiment qui faisait anciennement office de presbytère, jusque peu après la Révolution, selon Blomme, instituteur du village de 1849 à 1854, dans sa monographie de la commune. Le Paeltronck Hoeve (ferme du têtard borne, en français, de « Pael », poteau ou borne et « tronck », arbre tétard ou trogne) est une hofstède (ou ferme-manoir), c'est-à-dire la demeure d'un propriétaire terrien, et qui est typique de la zone rurale flamande. Selon Blomme, en 1896, l'hofstède est le type unique de ferme à Ledringhem. D'autres grandes fermes du village peuvent être situées au bout d'une drève, une voie privée bordée d'arbres. Néanmoins, la ferme la plus commune se situe en bord de route.

L'église a été construite en 1548, sur une embase partielle de grès ferrugineux vers l'avant et en briques rouges et jaunes. Elle est de type église-halle (hallekerque en flamand), constituée d'une nef à 3 vaisseaux de dimensions identiques, sans transept. Diverses petites chapelles et croix sont disséminées sur le territoire de la commune.

Carte des églises

OpenStreetMap

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