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Lignol

Morbihan · Bretagne

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Lignol

Lignol est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 849 habitants. Liniol en 1427; Lignol en 1444 et en 1481; Lingnol en 1513. En breton, le nom de la commune est.

François-Marie Cayot-Délandre indique l'existence de deux tumuli, l'un, de 45 mètres de circonférence et haut de 1,20 mètre, à 500 mètres environ à l'est de la chapelle Saint-Hervé (dans une lande nommée Lann-er-Bugn) et l'autre à proximité du premier cité, de 120 mètres de tour et haut d'environ 3 mètres. Lignol est issu d'un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Ploërdut. En 1250, Hervé de Léon donna à Éon de Guémené-Guengant la terre et seigneurie de Lignol en reconnaissance de services qu'il avait reçu. Hervé de Léon possédait encore dans la même paroisse les manoirs de Kermadiou, de Rest-en-Bigat et de Trifaven, avec les étangs et moulins qui en dépendaient. Le 24 mai 1370 Jean, sire de Longueval, et Jeanne de Baumer, son épouse, vendirent au vicomte Jean de Rohan le manoir de Penquaër; en 1506 ce manoir appartenait au prince de Guémené; Guergon, à Marguerite de Larnac; la Villeneuve, à Georges Godem. Les manoirs de Coscro, de Cravial et de Kerouallan n'existaient pas encore à cette. Plusieurs seigneuries existaient dans la paroisse: celles du Cranno, du Croscro [Croscrau], de Quenquiseven, de Kerouallan, de Kergariou, de Menezmorvan, de Penderff, de Kergrom, du Cosquer, du Pou, de Kerbleterien: c'était des arrières-fiefs de la seigneurie de Guémené; elles ont été décrites par Louis Galles. En 1663 le seigneur du Crosco avait plusieurs tombes prohibitives et disposait de tous les droits de prééminence dans l'église paroissiale de Lignol.

Le 28 décembre 1719, Clément Chrysogone de Guer, marquis de Pontcallec, considéré comme le chef de la conspiration portant son nom: la conspiration de Pontcallec, est arrêté au presbytère de Lignol par le colonel De Mianne, et Guy de Chemendy, sénéchal du Faouët, après une longue traque qui aura duré trois mois. Il aura la tête tranchée place du Bouffay à Nantes le 26 mars 1720 avec trois autres gentilshommes bretons. Son valet, surnommé La Batterie, avait fini par révéler le lieu où se trouvait son maître, après avoir été brutalisé et contre promesse d'une récompense en argent. de la partie nord de la paroisse de Lignol et de ses environs (1787). de la partie sud de la paroisse de Lignol et de ses environs (1789). Un moulin à papier est en activité sur le Scorff à Kerduel au, et dépendant de la seigneurie du même nom. « Peu considérable, peu de débit, reste souvent sans travail faute d'eau », note une enquête de 1729.

Il est en 1771 la propriété de Marie Jeanne Sablé qui en a cédé l'exploitation à Mathieu Sablé, Joseph Le Rozelier et Maurice Le Gorju. La production annuelle est de 2100 rames, en gênes et bulles, c'est-à-dire en qualité d'écriture et d'emballage. Huet apparait comme seul exploitant. Ce moulin a 1 roue, 1 cuve et 5 piles comme la majorité des autres. Les papiers sont vendus aux ports de Morlaix ou d'Hennebont à destination de la Hollande et du Portugal. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Lignol en 1778:

Son territoire est plein de montagnes [sic] et renfermé entre deux bras de la rivière d'Escorff (Scorff). C'est un pays couvert [de bocage], qui renferme des terres en labeur [labour], des prairies, des landes, la forêt de Cravial et le bois d'Eltoré. On y cueille beaucoup de cidre. À peu de distance du bourg est la chapelle Saint-Yves, qui appartint jadis aux Templiers: elle est faite en forme d'un Z; sa structure est très belle et fait l'admiration des connaisseurs. Dans la nuit du 8 au 9 novembre 1794, sont exécutés par les Chouans le maire, Corentin Le Floc'h, ex-député de la Constituante pour la sénéchaussée d'Hennebont, et les deux prêtres constitutionnels de la paroisse. Corentin Le Floc'h est abattu dans son manoir de Canquizern sous les yeux horrifiés de ses trois enfants; les deux prêtres devant le personnel du presbytère de Lignol. Les Chouans reprochaient à Corentin Le Floc'h d'appliquer sans hésitation dans sa mairie les mesures anticléricales décrétées par la Convention et de ne pas avoir hésité à se porter acquéreur de biens nationaux. Varin, continuateurs d'Ogėe, décrivent ainsi Lignol en 1843:

Géologie: schiste micacé; granite au sud-sud-ouest et au sud-est. En 1867 une épidémie de rougeole provoqua 36 décès à Lignol. Une épidémie de variole fit 200 malades dont 111 morts (parmi eux 100 enfants) à Lignol entre 1865 et 1870, surtout en 1870. En 1879 la construction du pont de Bodrimon permettant la traversée du Scorff via le chemin vicinal reliant le hameau de Saint-Yves (en Lignol) à Inguiniel entraîne un différend financier entre les deux communes. En juin 1888 plusieurs parties de soule furent encore organisées, probablement pour la dernière fois (la pratique de ce jeu étant désormais interdite) au Kosker en Saint-Caradec-Trégomel entre des « combattants » de cette commune et des communes voisines d'Inguiniel, Berné et Lignol; le nombre des participants approcha les 500 hommes (dont Mathurin Hybois, ouvrier au château de Pontcallec, et plus célèbre joueur de soule de la région). Le 16 mai 1907, une foule nombreuse se réunit au bourg de Lignol pour assister à la remise par Monsieur Brard, conseiller général, de la plaque commémorative de l'assassinat de Corentin Le Floch, député aux états généraux de 1789, à la commune de Lignol. Le monument aux morts de Lignol porte les noms de 100 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 6 sont morts en Belgique (dont 5 dès 1914); Joseph Auffret est mort en mer le 27 avril 1915 lors du naufrage du croiseur cuirassé Léon Gambetta; Joseph Le Liboux est mort de maladie et Jean Grandvalet des suites de ses blessures, tous les deux en 1916 à Salonique (Grèce), Joseph Guillemot a été tué à l'ennemi en 1917 dans l'actuelle Macédoine du Nord et Joseph Christien est mort de maladie en 1918 en Serbie, tous les quatre membres de l'Armée française d'Orient; la plupart des autres sont morts sur le sol français. Le costume porté à Lignol au début du était celui du pays Pourlet.

Il a été décrit en 1906 par Jérôme Buléon. Entre 1906 et 1939 Lignol disposa d'une halte ferroviaire sur la ligne à voie métrique des chemins de fer du Morbihan allant de Guémené-sur-Scorff à Meslan. Cette halte était située à environ 700 mètres au sud-est du bourg de Lignol (quartier actuel de "La Gare"). Le 31 mai 1925 est inauguré le monument aux morts en présence de nombreux habitants, d'élus locaux et du département. Il rend hommage aux 101 hommes de la commune disparus au cours de la Première Guerre mondiale. A l'issue de la cérémonie présidée par l'abbé Hervé, le maire, M.le Drogo, procède à l'appel des Héros. Julien Le Nouveau, aveugle de guerre et décoré de la Légion d'honneur, répond à chaque nom, mort pour la France! En clôture de cérémonie, on effectue la bénédiction religieuse du monument devant lequel, les pupilles de la Nation des écoles publiques, déposent en dernier hommage des gerbes de fleurs.

La translation du cimetière de Lignol, rendue nécessaire par l’exiguïté du cimetière jusque-là situé dans l'enclos paroissial est décidée en 1928. Les incendies étaient fréquents et la liste ci-après est loin d'être exhaustive: déjà deux maisons avaient été détruites par le feu dans le village de Saint-Yves en novembre 1908 et en juillet 1915 un incendie avait détruit les cinq fermes du village de Treuz-er-Lann en Lignol; deux fermes sont incendiées début septembre 1921 dans le village de Canquizerne; un autre incendie survient dans la commune fin novembre 1924; un autre incendie survient dans le village de Penholer le 12 juin 1934 (les maisons sinistrées étaient couvertes en chaume); le journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest relate « un nouvel incendie » survenu à Lignol en juillet 1937 et écrit le 5 août 1937: « Pour la troisième fois en moins de 15 jours, un incendie met en émoi le bourg de Lignol » à l'occasion de l'incendie d'une scierie. En février 1941 le conseil municipal de Lignol vote cet hommage au maréchal Pétain, chef de l'État français: « Au vainqueur de Verdun, le conseil municipal de Lignol adresse son respectueux hommage, le prie de croire, au nom de la population tout entière, à son dévouement le plus complet, pour l'œuvre de redressement national, dont il assume la lourde responsabilité ». Le monument aux morts de Lignol porte les noms de 23 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles Joseph Leliboux, soldat tué en Belgique et François Pinard dans l'Aisne, tous les deux au printemps 1940 lors de la bataille de France; Henri Le Marre, quartier-maître dans l'aéronavale du régime de Vichy est mort en combat aérien contre des avions de la Royal Air Force le 21 juin 1941 en Syrie; Joseph Boursicot est mort de maladie le 6 août 1942 au Viet-Nam; Joseph Le Nouveau est mort des suites de ses blessures le 7 août 1943 à Ferryville (Tunisie); quatre résistants FFI: Antoine Dagorne, fusillé le 11 juillet 1944 à Saint-Jean-Brévelay (une plaque commémorative apposée sur un mur de la salle polyvalente de la commune honore sa mémoire); Ernest Valverde, tué à l'ennemi le 31 juillet 1944 à Ploërdut; Alain Robic, fusillé le 14 août 1944 à Nant (Aveyron) et Rémy Croizer, déporté, mort le 2 mai 1945 au camp de concentration de Neuengamme; deux prisonniers de guerre: François Le Parc et Roger Daniel morts en captivité en Allemagne en 1945 et une autre stèle celle de Jean Dily, résistant fusillé le 27 juillet 1944 dans le village de Kerlautre. Le journal L'Espoir du Morbihan évoque dans son édition du 3 juin 1945 un pillage du château de Pont-Callec (en Berné) lors de la débâcle allemande qui aurait été effectué par des habitants de Lignol, mais il s'agit de dénonciations anonymes.

Patrimoine religieux à Lignol

Elle fut édifiée au mais a subi de nombreux remaniements au fil des siècles. Elle possède une statue représentant saint Mélan. Son pardon a lieu le dernier dimanche de septembre. Le château du Coscro est l'œuvre d'une famille de parlementaires bretons (première moitié du ), les Lantivy. L’architecture est due aux premiers travaux engagés par Louis de Lantivy, conseiller au parlement de Bretagne en 1625.

Il est caractéristique de par la régularité et la symétrie de son plan et de ses élévations, son décor de boiseries et l'escalier permettent de le dater des années 1660-1680. Les dépendances de la cour et du jardin datent de la même époque, et le jardin lui-même semble contemporain du château. Le jardin, à l'ensemble très ordonnancé reprend le dispositif: basse cour au nord, cour d'honneur, jardin de l'orangerie, verger, terrasse et grand jardin au sud le tout entouré de bois. L'ensemble répond, ainsi que l'étude archéologique l'a révélé, au souci de mise en symétrie et de perspectives à partir d'un axe central et des allées d'accès qui mettaient en scène l'environnement bocager. Propriété d'une personne privée, il est inscrit aux monuments historiques, par arrêtés du 29 mars 1972 (escalier intérieur du château) et du 22 octobre 1997 (verger, cour d'honneur, potager, terrasse et grand jardin, grande allée, bois de haute futaie et fontaine).

Le manoir de Kerouallan fut acquis en 1478 par Philippe Dando, qui en prit le nom et le transmit à ses descendants, parfois par les femmes: Mur, Kervellec, Forsanz, Boutouillic de Kergonan, Kerret. En 1974, le manoir est vendu par la comtesse de Kerouallan à M. Moreau qui le cède ensuite à Jean Pierre Le Corre. Cette belle demeure (tour ronde en poivrière à l'avant, tour carrée à l'arrière, armoiries martelées sur une lucarne, puits en granite), est malheureusement laissée à l'abandon. Le manoir est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel.

Le manoir de Kerduel avait jadis son manoir et son moulin à eau appartenant, en 1437, à Jean de Courhin, puis à ses descendants, jusqu'au milieu. Par mariage, il passe à Louis d'Outreville en 1589 puis à un neveu, Jean du Perenno, à nouveau par alliance à Pierre Le Vicomte en 1689. Plus près de nous le manoir appartient à la famille Guyomard, et est est transformé en exploitation agricole. Depuis 1989, il appartient à François Adda, qui a entrepris sa restauration.

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