Marcigny
Saône-et-Loire · Bourgogne-Franche-Comté
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Marcigny
Marcigny, commune de Saône-et-Loire en Bourgogne-Franche-Comté, est un site de passage habité depuis l'Antiquité. L'installation humaine y est avérée depuis l'époque gallo-romaine, sans doute au IIe siècle ap. J.-C. Son nom ancien de Marciniacus indique que ce site, en bord d'une voie romaine et de la Loire, appartenait à un riche patricien nommé Marcinius.
La ville resta une modeste bourgade de pêcheurs en bordure de Loire, autour d'une humble église, jusqu'à l'arrivée des barons de Semur vers le Xe siècle. En 1054, saint Hugues, fils de Dalmace de Semur et devenu abbé de Cluny, fonda à Marcigny un petit monastère puis le premier prieuré de Bénédictines dépendant de Cluny, le prieuré de la Sainte-Trinité. Il fut secondé par son frère Geoffroy, qui lui fit don des terres qu'il possédait à Marcigny. Ce prieuré resta jusqu'à la Révolution l'un des trois plus importants monastères pour religieuses de l'abbaye de Cluny.
La ville fut surnommée Marcigny-les-Nonnains à cause de ce prieuré de filles de l'ordre de Saint-Benoît. Devenue une proie de choix, elle fut prise par les Tard-Venus en 1362, assiégée par le prince Noir en 1366, par les troupes du dauphin de France en 1420, puis par le duc de Bourgogne en 1438. Ces faits d'armes incitèrent à construire une première enceinte fortifiée à la fin du XIVe siècle. Le prieuré accueillit Adèle de Blois, fille de Guillaume le Conquérant, qui y mourut en 1137, ainsi que Raingarde de Semur, morte en 1134. Le cardinal de Richelieu y passa le 12 septembre 1642. Le prieuré fut fermé en 1792 puis vendu comme bien national, ce qui entraîna la destruction de la majorité de ses bâtiments.
Patrimoine religieux à Marcigny
Le prieuré de la Sainte-Trinité de Marcigny-lès-Nonnains a été un ensemble important dans l'histoire de la ville, dont il ne reste plus que quelques bâtiments. L'église Saint-Nicolas, édifiée vers 1130 et agrandie vers 1378, était l'un des deux sanctuaires du prieuré, destinée aux moines ; elle devint église paroissiale en 1620. Ses nefs latérales ont été édifiées vers 1820. Sa façade a été inscrite monument historique le 29 octobre 1926 ; les sculptures du tympan central du porche sont seules d'époque romane, celles du tympan droit ayant été ajoutées lors de l'extension des années 1820.
Le couvent des Ursulines, fondé en 1643 pour dispenser une éducation aux jeunes filles de la ville, abrite aujourd'hui l'école primaire, et le cinéma est situé dans l'ancienne chapelle du couvent. Cette chapelle garde des peintures religieuses du XVIIe siècle. L'hôtel de la prieure, daté de 1777 et œuvre de l'architecte Edme Verniquet, fut la dernière construction du prieuré avant son démantèlement à la Révolution ; il présente la particularité d'avoir été construit sur le narthex de l'église priorale du XIe siècle. Le couvent des Récollets, fondé en 1620 par Claude Grégaine, dit le Père Chérubin, fut fermé en 1787 ; une grande partie de ses bâtiments a été démolie.
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