Monteneuf
Morbihan · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Monteneuf
Monteneuf est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 758 habitants. Le nom de la commune est attesté sous la forme Monteneuc (sans date). Monteneuc signifie « l'oratoire de Tinoc ou Tenoc ». Bernard Tanguy et Léon Fleuriot émettent cependant l'hypothèse que Monteneuc est le doublet bretonnisé d'un toponyme attesté en -acum, Montennac (au, aujourd'hui Montonac)), c'est pourquoi la syllabe finale -neu- a été perçue comme représentant l'adjectif neuf, prononcé anciennement neu, d'où cette réfection en Monteneuf, identique semble-t-il à celle de Rothéneuf, désigné Roteneuc et Rosteneuc.
L'attraction paronymique a joué dans ce cas, mais on attendrait un *Montneuf, car Monteneuf n'a pas de sens en français. La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Monteneg.
La région de Monteneuf a été occupée depuis très longtemps comme en témoigne les très importants sites mégalithiques dont le plus connu est celui du domaine des « Pierres droites », constitué de 42 menhirs debout, qui constitue probablement le second en France après Carnac et de plusieurs centaines couchés et plus ou moins enterrés. Le contexte géologique de ces alignements (la roche est du schiste violacé) a été étudié par Yannick Lecerf, qui a fouillé le site entre 1986 et 1995. Ces alignements datent du Néolithique, mais furent détruits vers l'an mil, Probablement sur ordre des autorités religieuses de l'époque, beaucoup étant enfouis dans la terre, si bien qu'en 1989 3 monolithes seulement étaient debout et une vingtaine, couchés dans la lande, répertoriés; à la suite des recherches effectuées depuis à l'initiative de Yann Lecerf, 420 monolithes ont été trouvés et une quarantaine relevés. Disséminés aux alentours, d'autres monuments en plus ou moins bon état de conservation (comme les allées couvertes de « La Loge Morinais » (grande allée couverte de 14 m de long, en schiste pourpré) et celle nommée « Les Bordouées » (allée couverte de 8 m de long sur 1,50 m de large, précédée d'un vestibule) ou le tertre de « La Roche Blanche ») confirment l'importance de ce site néolithique dans le paysage du mégalithisme armoricain. Celle de la Grée-Basse se trouve dans un petit bosquet à 2,6 km à l'est du bourg; elle a été découverte vers 1950 et fouillée en 1976. D'autres menhirs sont identifiés dans la commune, l'un à la Verrie (menhir de la Pierre Liée, haut de 4,80 m et large de 4,60 m), un autre au Pouiho; celui du Cholet, aussi nommé "Moine de Coëtplan", en schiste violet, est haut de 4,30 m. « De temps immémorial le feu de la Saint-Jean s'allume à son pied ». Le polissoir de Trézon est un bloc de grès violacé haut de 1,50 m, large de 0,70 m et épais de 30 cm, qui porte notamment des rainures de polissage.
Le site était à la croisée des voies romaines venant de Condate Riedonum (Rennes) et Juliomagus (Angers) et allant vers Darioritum (Vannes) d'une part et Vorgium (Carhaix) d'autre part, celle-ci étant connue par la suite comme Chaussée d'Ahès (son tracé longe la limite sud, avec Carentoir, de la commune). Un camp retranché se trouve à la Ville-au-Comte, près de la voie romaine de Rennes à Carhaix. selon François-Marie Cayot-Délandre, en 1847 il était encore « accompagné de plusieurs redoutes et bordé de parapets énormes ». Un prieuré bénédictin dépendant de l'Abbaye de Marmoutier existait en 1137 à Monteneuf. de la trève de Monteneuf (1785). Monteneuf était une trève de la paroisse de Guer. Monteneuf devient une commune en 1790 et une paroisse indépendante après le Concordat de 1801. La commune est incorporée dans le canton de Guer et dans l'arrondissement de Ploërmel jusqu'à sa suppression en 1926, puis dans l'arrondissement de Vannes.
Le 19 floréal an IV (8 mai 1796), l'adjudant général Simon, sorti de Rennes avec des forces supérieures en nombre, trouva des Chouans au château de la Bourdonnaye en Carentoir et les poursuivit jusqu'à Ploërmel via Tréal, Monteneuf, Reminiac, Caro et Monterrein. Varin décrivent ainsi Monteneuf en 1853 En 1859 la création de la commune de Porcaro entraîne la perte pour Monteneuf, ainsi que pour Augan et Guer, d'une partie de leur territoire. En juin 1882 les conseils municipaux de Campénéac, Monteneuf et Augan refusent toue subvention à la caisse des écoles et émettent le vœu suivant: « Le conseil municipal, faisant droit à la demande des habitants de la commune, réclame de la façon la plus absolue que l'enseignement religieux continue, comme par le passé, à être donné dans les écoles ». En octobre 1885 le maire (le vicomte du Bot), l'adjoint et le conseil municipal de Monteneuf envoient leur démission au préfet du Morbihan pour protester contre la laïcisation de l'école « effectuée à leur insu et contrairement à leur désir »; le préfet a immédiatement suspendu le maire de ses fonctions; le maire est révoqué le 1 octobre 1885. Le 8 février 1907 un incendie détruisit trois maisons et fit un mort, un vieillard de 84 ans, dans le hameau de Trézon en Monteneuf. « Sur 483 personnes mobilisables, des hommes valides âgés de 20 à 48 ans, 350 ont été mobilisés. Un choc pour une si petite commune » déclare en 2018 Armel Huet, alors maire de la commune; plus du quart de la population totale a été mobilisé.
Treize morts qui avaient été oubliés par l'histoire ont eu leurs noms rajoutés sur le monument aux morts en 2018. Le monument aux morts de Monteneuf porte les noms de 81 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux Pierre Costard à Maissin et Denis Bilard à Rossignol, tous les deux tués à l'ennemi, sont morts le même jour (22 août 1914) en Belgique et sont les deux premiers morts de la guerre de la commune; Joseph Sourger est mort en captivité en Allemagne en 1915; Michel Bahon est mort des suites de ses blessures en Serbie en 1915 et Joseph Binio de maladie à Salonique (Grèce) en 1916; la plupart des autres sont morts sur le sol français. Le conseil municipal, présidé par M. De la Voltais, vote le 9 juin 1921 une somme de francs pour l'érection du monument aux morts. Le nouveau maire élu le 25 septembre 1921 écrit le 10 février 1922 aux services de la préfecture que l'ancienne municipalité hésitait à abandonner le projet ou à le différer en raison de sa cherté, la commune ne pouvant financer une somme plus importante. Lors des élections législatives de 1925 le maire Henry du Bot fait battre la campagne par des partisans qui annoncent « la révolution prochaine, la destruction de la religion, (.) ». « Pour certains hameaux acquis au candidat républicain, les conservateurs accordent aux habitants le droit de se servir en bois de construction sur les propriétés du maire.
Ces pratiques lui assurent de confortables réélections jusqu'à sa mort en 1941 ». En 1933 Monteneuf n'a toujours pas l'électricité. Le journal L'Ouest-Éclair écrit: « Nous avions parlé il y a quelque temps de l'électrification du bourg de Monteneuf; nous pensions que la municipalité de cette commune aurait pris note de notre observation et qu'enfin elle se serait décidée à installer l'électricité. Malheureusement, il n'en est encore rien, et il est vraiment navrant de voir les petites communes avoisinantes avoir l'électricité, même en pleine campagne, alors que le bourg même de Monteneuf reste toujours dans les ténèbres ». Le 20 mars 1936 décède le comte Paul du Pontavice du Vaugarni; il fut engagé volontaire lors de la guerre de 1870 et décoré de la médaille commémorative de 1870. Le monument aux morts de Monteneuf porte les noms de 4 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi eux Félix Payen, soldat du 6e régiment étranger d'infanterie, décédé de maladie le 22 avril 1940 en Algérie; Jean Perrinel, décédé des suites de ses blessures le 23 mai 1940 à Béthune lors de la campagne de France et Paul Sévène, âgés respectivement de 23 et 21 ans, Léon Jacquin, 25 ans (tous les trois originaires de Carnac), ainsi que André Careille, 30 ans, garde du château de la Grée de Callac, furent fusillés par des soldats allemands à Monteneuf, ainsi que René Plantard, soldat parachutiste. Joseph Leclerc, 62 ans et Émile Chérel, 22 ans, victimes civiles, furent tués en représailles à leur domicile. Les corps des deux frères Sévère et de Léon Jacquin furent retrouvés dans une fosse commune à la Fosse aux Loups en Monteneuf.
En octobre 1945 un centre de pré-apprentissage avec internat pour adolescentes ouvre dans le château de la Grée de Callac, proposant des formations en enseignement ménager, coup, couture et broderie. Yvan de Turgy d'Estrées (Saint-Cyrien, capitaine au 6e bataillon de chasseurs laotiens, croix de guerre 1939-1945, croix de guerre des TOE avec palme) est mort pour la France le 14 septembre 1950 au Laos lors de la guerre d'Indochine et Ernest Bahon en 1961 pendant la guerre d'Algérie. La nouvelle mairie est inaugurée le 18 janvier 2020, mais donne lieu immédiatement à des querelles sémantiques. Le 28 octobre 2020, à la suite de l'élection d'une nouvelle municipalité, la devise de la République, « Liberté, Égalité, Fraternité », est réapparue sur le fronton de la mairie de Monteneuf, remplaçant la devise que l’ancienne équipe municipale avait choisi de remanier par: « Liberté, Égalité, Solidarité ». Le maire Yann Yhuel est aussi revenu sur une autre décision de la municipalité précédente, dirigée par Daniel Huet, en remplaçant l'écriture inclusive de la salle des associations, initialement dénommée « La Commune maison pour tout.e.s » par « La Commune, maison pour tous ». Ces décisions ont entraîné des polémiques entre Yann Yhuel et Daniel Huet. Le 29 juin 2023, De l'Oust à Brocéliande Communauté a décidé de gérer directement en régie les Menhirs de Monteneuf, à compter du 1 janvier 2024, au grand dam des salariés de l’association « les Landes » qui avait assuré sa gestion pendant 22 ans.
Patrimoine religieux à Monteneuf
Le site des « Menhirs de Monteneuf » a été entièrement réhabilité en 2013-2014 (construction d’un bâtiment d'accueil et création d'un sentier d'interprétation de 1,5 km), le site se visite librement (un « circuit des mégalithes », partant de ce site archéologique, est balisé sur plus de 14 km.); toutefois des guides sont présents en été et proposent de nombreuses animations
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