Narbonne
Histoire de Narbonne
Narbonne, sous-préfecture de l’Aude (Occitanie, 56 395 habitants), porte un nom celte ou ibère Narbo qui signifierait « habitation proche de l’eau » (apparenté à la racine basque *narb-), associé au nom de Mars, dieu romain de la Guerre invoqué pour la protection de la nouvelle cité. Les Romains fondèrent en 118 av. J.-C. une colonie romaine du nom de Colonia Narbo Martius. Située sur la via Domitia, première route romaine en Gaule reliant l’Italie à l’Espagne, Narbonne était un comptoir commercial avant cette période, rattaché à l’oppidum de Montlaurès, capitale des Élisyques.
En 45 av. J.-C., Jules César y installe les vétérans de la Xe légion. En 27 av. J.-C., Auguste rend visite à la ville; en 22 av. J.-C., il en fait la capitale de la province romaine de la Gaule narbonnaise. Strabon affirmait qu’elle était la première ville de Gaule. La zone aujourd’hui lagunaire formait un port antique, considéré comme le deuxième port de l’Empire romain en Méditerranée nord-occidentale après Ostie. Sa population est estimée à 35 000 habitants au cours des deux premiers siècles de l’ère chrétienne. Après un incendie accidentel en 145, Antonin le Pieux fait reconstruire Narbonne en 160. La ville décline au cours de l’Antiquité tardive; son enceinte de la fin du IIIe siècle ne délimite plus que 16 hectares. En 413, le roi des Wisigoths Athaulf fait son entrée dans la ville, où il célèbre, vêtu en général romain, son mariage avec Galla Placidia.
Histoire religieuse à Narbonne
Au début du VIe siècle, Narbonne est brièvement la capitale des Wisigoths vaincus à la bataille de Vouillé (507) par les Francs de Clovis. Elle accueille plusieurs souverains comme Liuva (567-573) et reste une capitale provinciale. Les deux derniers rois wisigoths Agila II (711-714) et Ardo (714-720) auraient régné sur la cité au moment de l’invasion musulmane. En 719, la ville est assiégée et prise par les troupes du califat omeyyade de Damas. L’émir al-Samh fait mettre à mort les hommes ayant tenté de défendre la ville et déporte leurs femmes et enfants en Hispanie; Narbonne (Arbûna en arabe) devient pour quarante ans le chef-lieu d’une province de l’émirat de Cordoue, avant d’être reprise par les Francs.
Patrimoine religieux à Narbonne
La cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, rue Gustave-Fabre, est l’édifice religieux majeur de la cité. La basilique Saint-Paul, dédiée à Paul-Serge premier évêque de Narbonne, et l’abbaye de Fontfroide, chemin de Fontfroide, complètent les principaux ensembles. L’abbaye des Olieux (Abbaye des Monges) a été inscrite aux monuments historiques en 1951. L’église des Jacobins, rue Émile-Zola, a été inscrite en 1946. L’église et le couvent des Cordeliers furent inscrits en 1947 (chevet, chœur, chapelles, sacristie, cloître). L’église Notre-Dame, rue de Lamourguier, abrite le musée lapidaire. L’église Notre-Dame-de-Grâces du XVIe siècle, dite chapelle des Pénitents blancs, fut classée en 1986. L’église Saint-Sébastien, rue Michelet, fut classée en 1913.
L’église de la Major (église des Pèlerins), impasse Jussieu, fut inscrite en 1946. À ces édifices se rattache un réseau de chapelles: chapelle de la Madeleine, chapelle des Pénitents bleus (inscrite en 1956), chapelle de l’hôpital (ancienne chapelle des Pénitents-Blancs, classée en 1984), chapelle des frères du Saint-Esprit. Les paroisses contemporaines déploient l’ossature actuelle: église Saint-Bonaventure, église Notre-Dame-de-la-Mer (Narbonne-Plage), église Notre-Dame-des-Champs des missionnaires clarétains, église Sainte-Bernadette, église Sainte-Thérèse, église Saint-Jean-et-Saint-Pierre. Plusieurs personnalités religieuses sont liées à Narbonne: Clément IV et Benoît XII, papes; Arthur Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne; Paul-Serge, premier évêque, et saint Sébastien.