Peumerit
Finistère · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Peumerit
Peumerit est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 878 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Pumurit en 946, 952 et au, Pomerit en 1284, Pemerit en 1368. Peumerit serait issu du latin pomaretum « pommeraie ». La commune se nommait officiellement Peumérit jusqu'en 2012.
Plusieurs mégalithes (menhirs et dolmens) parsèment le territoire de la commune, bien que nombre d'entre eux aient disparu. Cet éperon étant à une dizaine de mètres en contre-haut, il a suffi de faire un remblai à l'aide de rouleaux on a glissé la pierre jusqu'au lieu choisi ». Un cairn a existé à Penquelennec; il n'en subsiste qu'un dolmen. Quelques tronçons de voies romaines ont été identifiés dans la commune. Peumerit est un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Plovan. En 1440 les maisons nobles de Peumerit étaient Pratanstang [Prat an Stang], Borzjull, Kerebil et Penquilly [Penguilly]où se tenaient les plaids de la paroisse. Des traces de la motte féodale de Penguilly subsistent. Varin le château de Prat an Stang aurait été une construction fort importante dont il ne restait dans la première moitié du que des ruines.
Le château aurait été détruit lors des Guerres de la Ligue. Ces auteurs écrivent qu'à environ 450 mètres des ruines on vit dans une taille dite "Bois du château" une élévation en terre, entourée de fossés encore assez profonds, et qui semblent être une motte féodale d'assez belle conservation. On dit que c'est en ce lieu que stationnaient les bandes armées de La Fontenelle quand elles se rendaient de Kérity à l'Île Tristan. Les vestiges d'une motte féodale (ou peut-être d'un oppidum) sont effectivement encore visibles à Penguilly. Le manoir de Penguilly était situé à 2 km à l'Est du bourg, à proximité de la chapelle Saint-Joseph. Une motte féodale atteste l'ancienneté de la présence à cet endroit de la famille de Penguilly, mentionnée aussi dans les montres de 1426 à 1562. Dans le tome 2 de son roman historique Aliénor, prieure de Lok-Maria (époque de la Ligue, 1594), règne de Henri IV, Pitre-Chevalier décrit l'affreuse misère des habitants de Tréogat, Peumerit et Pluguffan pendant les guerres de Religion: « elle vit de pauvres pen-ty, décharnés par la souffrance et la faim, couverts de haillons moins effrayants que leurs figures sortir comme des fantômes des taillis et des clos de genêts, se réunir en troupes à l'ombredes talus et des grands chênes, mettre le feu aux ajoncs de la lande pour y jeter un reste de semence, s'attelr comme des bêtes de somme à la charrue commune, ou même s'accroupir sur le sol et creuser la terre avec leurs ongles, afin d'avoir quelques grains de blé l'année suivante, si les brigands n'en faisaient pas manger l'herbe par leurs chevaux!. »; il décrit ensuite la peur des loups devenus très nombreux.
Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Peumerit en 1656. Le manoir de Lesmadec est construit, en pierres de prasinite, à la fin du par Jean Corfineau, qui a épousé Louise Keroch, héritière de la seigneurie; le manoir fut remanié aux et, mais conserva son pigeonnier circulaire à toiture conique placé sur le porche oriental d'accès à la cour seigneuriale. À partir de 1675 le manoir devint la propriété de la famille Forestier, une famille de bourgeois enrichis qui parvint progressivement à s'anoblir; en 1790, Jean-François Le Forestier, seigneur de Lesmadec et de Kercorentin, se mua en "citoyen Le Forestier" pour échapper aux poursuites. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Pémérit [Peumerit] de fournir 20 hommes et de payer 131 livres tournois pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Peumerit en 1778 La loi du 12 « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Peumerit comme succursale Tréogat. Le recteur Jacques-Marie Le Bihan refusa le serment à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre réfractaire; arrêté, il fut interné successivement à Kerlot, Landerneau et Quimper, avant d'être libéré en avril 1795.
Guillaume Le Guellec, prêtre constitutionnel, le remplaça le 28 octobre 1792. Les deux chapelles de Saint-Joseph et de Saint-Louis furent vendues comme biens nationaux le 16 prairial à III à Yves-Gilles Le Hars, lequel les céda à la fabrique le 28 mars 1816. Cosquéric, un sexagénaire, ouvrit une école à Peumerit, en vertu de la loi du 5 nivôse an II (25) qui rendait l'école primaire obligatoire et gratuite. « La municipalité, au lieu d'engager les enfants à se rendre aux écoles, demande, au contraire, le 10 thermidor an II (28) qu'ils en soient dispensés pendant les travaux de la récolte, étant indispensables à leurs parents, surtout pour garder les bestiaux. (.) Le 25 pluviôse an III (13), il déclara ne pas être en état de faire le voyage de Pont-Croix pour se présenter devant le jury d'instruction ». Dans la nuit du 17 au 18 août 1842 un violent incendie consuma quatre maisons, tout le mobilier qu'elles renfermaient et sept têtes de bétail dans le village de Kerinoret. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Peumerit en 1845 Théodore Le Hars (1861-1928), qui fut maire de Quimper et sénateur, était un descendant de Jacques-Pierre Le Hars, notaire à Peumerit avant la Révolution française, et de Yves-Gilles Le Hars, notaire à Peumerit sous le Directoire, puis notaire à Quimper.
En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par François-Virgile Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Peumerit, l'abbé Kérivin, écrit que les enfants « viennent à l'école primaire surtout l'année de leur Première communion, et quelques-uns n'y vont pas du tout ». En 1906, la communion est refusée par le recteur de Peumerit à 14 enfants qui fréquentaient l'école publique de la commune. L'expulsion du clergé de la paroisse de Peumérit de son presbytère entraîne le 11 mars 1909 la décision d'Adolphe Duparc d'interdire toutes les sonneries religieuses, même pour lAngélus et les enterrements; un prêtre, installé dans le presbytère de Tréogat, est chargé de visiter les malades, procéder aux enterrements et administrer les sacrements. L'opposition entre les « Blancs », majoritaires parmi les électeurs ruraux, et les « Rouges », majoritaires parmi les marins, fut longtemps très forte: en 1910, le marquis de L'Estourbeillon, député royaliste, dénonce les incidents survenus lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de Quimper: « ce furent les voies d'accès aux salles de vote et même aux bourgs gardés par des groupes d'individus menaçant et frappant les électeurs ruraux qui venaient voter comme à Treffiagat, Peumerit et Plozévet; des bureaux et des urnes pris violemment et gardés par des bandes de marins étrangers aux sections de vote, comme à Plobannalec, pour empêcher le vote des cultivateurs. Il y eut aussi des voies de fait (.), [une] agression même contre un des candidats, l'honorable M. de Servigny, dans la commune de Peumerit, [des] coups et blessures à Plogastel-Saint-Germain (.) ». Henri de Servigny, ahant appris qu"'à Peumérit ses adversaires gardaient la salle de vote et empêchaietnses amis d'entrer, vint en hâte; « une bande d'énergumènes se jeta sur luiet le frappa sur tout le corps à coups de sabots »; il déclare: « À Peumérit, j'ai été gravement frappé, et 150 électeurs n'ont pu voter (.); partout des apaches gardaient les mairies et empêchaient les électeurs de voter ». Le journal L'Aurore dans son édition du 24 avril 1910 écrit: « Des incidents se sont produits dans la deuxième circonscription, notamment dans les communes de Plozévet, Treffiagat, Peumerit, Plovan et Plobannalec.
Plusieurs électeurs ont été blessés ». Selon un décret du président de la République « sont attribués à la commune de Peumerit (Finistère), à défaut de bureau de bienfaisance, les biens ayant appartenu à la fabrique de l'église de Peumerit et actuellement placés sous séquestre, la présente attribution faite sous la condition, par la commune, d'affecter tous les revenus ou produits des dits biens au service des secours de bienfaisance ». L'étude notariale de Peumerit est supprimée en vertu d'un décret du Président de la République en date du 30 avril 1911; le dernier notaire exerçant à Peumerit étant Me Le Bihan. En 1913, le journal La Croix écrit: « (.) À tous les scrutins dans les communes de Plogastel, Plozévet, Plovan, Peumerit, où règnent par la terreur et par la fraude les partisans de M. Jets de poivre, coups de poing, coups de pied, coups de triques, tout est bon pour faire autour de l'urne un vide propice aux substitutions de bulletins ou pour en écarter l'électeur suspect de sympathie à l'égard du candidat adverse ». Le monument aux morts de Peumerit porte les noms de 87 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale: parmi eux, 7 au moins sont morts sur le front belge dont 6 dès 1914 (Pierre Goyat, François Le Gall, François Le Loch et Vincent Le Roux lors des combats de Maissin et Louis Jegou à Rossignol, tous le 22 août 1914 et Pierre Nicolas à Saint-Hubert le 9 septembre 1914) et 1 en 1918 (Alain Stéphan, tué à l'ennemi le 21 mai 1918 à Locre); 2 au moins sont morts dans les Balkans dans le cadre de l'expédition de Salonique (Louis Lagadec à Salonique (Grèce) le 12 juillet 1916 et Henri Guichaoua en Serbie le 17 mai 1917); Corentin Bonizec est disparu en mer le 19 mars 1917 lors du naufrage du cuirassé Danton coulé par un sous-marin allemand; Corentin Briec est mort en captivité en Allemagne et Yves Bosser aussi, mais le 20 février 1919, donc après l'armistice; la plupart des autres sont morts sur le sol français: parmi eux Jean Marie Le Goff et Noël Le Goff ont été tous les deux décorés à titre posthume de la médaille militaire et de la Croix de guerre et Jean-Louis Yannick de la croix de guerre. Le club de football "Joyeuse sportive de Peumérit" existait déjà entre les deux guerres mondiales. En 1928 l'église paroissiale de Peumérit est signalée par le recteur de la paroisse à Henri Waquet comme « étant dans un état lamentable » et des travaux de restauration sont enfin entrepris.
Pendant l'Entre-deux-guerres l'émigration, notamment d'agriculteurs, fut forte: par exemple 117 personnes de Peumerit quittèrent la commune pour le Périgord, d'autres émigrants se dirigeant vers la Gironde, la Normandie, la Touraine, etc., d'autres s'engageant dans la Marine. En août 1936 un arrêté préfectoral entérine la création d'un syndicat en vue de l'électrification de la région, comprenant les communes de Landudec, Tréogat, Plonéis, Gourlizon, Plovan, Pouldergat, Peumerit, Guiler-sur-Goyen, Plogastel-Saint-Germain et Pouldreuzic; « Nous espérons que désormais la création de ce syndicat ne tardera guère et souhaitons que 1937 nous apporte l'électricité tant attendue ». Le monument aux morts de Peumerit porte les noms de six personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles Jean Plouzennec, tué à l'ennemi le 16 mai 1940 à Rance (Belgique); Yves Le Brun, quartier-maître canonnier à bord du Tahure, disparu en mer le 29 avril 1944 lors du naufrage de son bateau coulé par un navire américain l' USS Flasher au large du Cap Varella (Indochine).
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