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Redon

Ille-et-Vilaine · Bretagne

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Redon

Redon, commune d'Ille-et-Vilaine en Bretagne (9 312 habitants), est née au IXe siècle d'une fondation monastique au confluent de la Vilaine et de l'Oust. Conwoïon, archidiacre du diocèse de Vannes, obtient de Ratwili la donation d'un terrain ; en 832, un modeste ermitage de planches et de branches voit le jour, soutenu par Nominoë, alors gouverneur de Bretagne. Entre 842 et 853, une première église de pierre remplace la bâtisse initiale. Conwoïon y meurt le 5 janvier 868. Subsiste le cartulaire de l'abbaye, qui recense 391 actes en latin, conservé par l'archevêché de Rennes.

Au XIVe siècle, l'abbé Jean de Tréal entreprend la construction d'une enceinte fortifiée dotée de trois portes, trois poternes et treize tours. Redon figure parmi les villes de Bretagne envoyant des députés au Parlement de Bretagne, qui se réunit cinq fois dans la cité aux XVe-XVIIe siècles. En 1449, le duc François obtient du pape Eugène IV l'érection de Redon en évêché par bulle pontificale du 10 juin ; Jacques d'Espinay est nommé évêque. Les protestations des évêques de Rennes, Vannes et Nantes font avorter l'initiative, et la bulle de suppression est signée le 20 décembre 1449. À la fin de 1488, la cour ducale s'établit quelque temps à Redon durant la minorité d'Anne de Bretagne.

À la Révolution, trois couvents fonctionnent encore dans la ville : un de l'ordre de Saint-Benoît, un des calvairiennes et un des ursulines. La constitution civile du clergé supprime les ordres religieux ; sur les neuf bénédictins, trois seulement choisissent de rester dans les ordres. L'église de Redon est rendue au culte le 8 prairial an III.

Toponymie de Redon

Le nom de la localité est attesté sous les formes Roton en 832 dans le Cartulaire de Redon, Rodono en 838-839, Rothon en 871, Rotonum en 1029, Rothonum en 1100, Rothenum en 1449, puis Regidonum au XVIe siècle. Albert Dauzat et Charles Rostaing proposent une évolution phonétique à partir du latin rotondus, « rond ». Hervé Abalain reprend l'hypothèse d'une origine bretonne à partir de rodo, « gué ».

Patrimoine religieux à Redon

Redon abrite six monuments historiques. L'abbatiale Saint-Sauveur, classée, est formée d'une nef et d'une tour de croisée romane édifiées entre 1170 et 1200, et d'un chœur et d'une tour de façade gothiques. Elle a été tronquée après un incendie le 31 mai 1780, ce qui explique la séparation actuelle entre la tour gothique (environ 70 mètres de haut) et la nef, qui faisait auparavant 90 mètres de long. L'abbaye Saint-Sauveur, également classée, conserve des bâtiments essentiellement du XVIIe siècle qui abritent aujourd'hui le lycée privé Saint-Sauveur.

Parmi les monuments inscrits figure le couvent des Calvairiennes, 26 rue Saint-Michel, fondé en 1629 par des bénédictines. Au titre des bâtiments inventoriés, on relève la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette, datée de 1967, due à l'architecte René Guichebaron, et l'église paroissiale Saint-Charles, datée de 1975, due aux architectes Yves Perrin et Georges Martin. Près de l'actuelle sous-préfecture se trouvait l'ancienne église paroissiale Notre-Dame du Presle, fondée à la fin du ou au début du XIIe siècle dans un style roman ; un incendie la ravage dans la nuit du 17 au 18 décembre 1864, et seule la tour-clocher subsiste en 1870 avant le nivellement du terrain.

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