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Saint-Sauveur (70)

Haute-Saône · Bourgogne-Franche-Comté

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Saint-Sauveur

Saint-Sauveur, commune de Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté, plonge ses racines dans le rayonnement de l'abbaye de Luxeuil, dont elle relevait. En 1225, Winet de Saint-Sauveur donna à l'abbaye tout ce qu'il y possédait, scellant un lien déjà ancien entre la terre et la communauté monastique.

La paroisse couvrait une vaste circonscription incluant Luxeuil-les-Bains, Saint-Valbert, Froideconche, Esboz-Brest, La Chapelle, Breuchotte et Baudoncourt, cette dernière démembrée en 1771. Très ancienne, elle préexistait probablement à l'établissement de saint Colomban, puisque Luxeuil y était rattachée. En 1789, la commune dépendait du bailliage de Vesoul et du décanat de Luxeuil ; en 1790, elle entrait dans le district et canton de Luxeuil.

Patrimoine religieux à Saint-Sauveur

L'église paroissiale, placée sous le titre de la Sainte-Trinité, fut érigée en succursale par décret du 30 septembre 1807, au sein du doyenné de Luxeuil. L'édifice actuel résulte d'une reconstruction complète : le clocher en 1831, le reste en 1865. L'ancienne église, de grandes dimensions, semblait dater du XIIe ou du XIIIe siècle et abritait six autels latéraux outre l'autel majeur. Le clocher carré à trois étages est couvert d'une toiture à quatre pans ; le portail en plein cintre s'ouvre sous un portique à deux colonnes ioniques et fronton triangulaire, prolongé par un porche voûté abritant deux cloches (1821 et 1888).

L'intérieur déploie trois nefs de quatre travées en style ogival néo-gothique. Dans le collatéral nord, une cuve baptismale en pierre sculptée, octogonale, datée du XVIe siècle, présente huit arcatures en plein cintre figurant saint Jacques, saint André, saint Pierre, le Christ rédempteur, le baptême du Christ, le Christ en croix et une Vierge de pitié, le tout reposant sur quatre lions couchés. Deux toiles du XVIIIe siècle y sont conservées : une Nativité de la Vierge et la mort de saint François-Xavier.

Au-dessus de la porte d'entrée subsiste une grande toile du XVIIIe siècle représentant la Trinité, seul vestige de l'ancien retable du maître-autel. Le transept nord conserve une toile de saint Ambroise du XVIIIe siècle ; le transept sud, un bas-relief en bois sculpté et peint figurant sainte Vaudre, compagne de sainte Ursule, palme à la main. Lui fait face une toile de saint Roch et saint Antoine, dernier souvenir de la confrérie de Saint-Roche érigée en 1636 lors de la peste, avec la chapelle Saint-Roch construite près de Sainte-Marie-en-Chanois. Le sanctuaire polygonal s'orne d'un mobilier néo-gothique et de deux toiles du XIXe siècle. Le nouvel autel intègre un antependium en bois sculpté de guirlandes et entrelacs de la fin du XVIIe siècle. La sacristie conserve une statuette de confrérie de la Vierge et un ornement en velours de Gênes violet provenant de l'abbaye de Luxeuil.

Au lieu-dit le Vay de Brest jaillit la fontaine miraculeuse Sainte-Vaudre, vénérée dès le XIIe siècle, dont l'eau passait pour guérir les fièvres intermittentes ; la tradition rapporte que sainte Vaudre, fuyant les Barbares, y serait tombée trois fois, sa quenouille à la main, à l'origine des trois sources du lieu.

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