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Sens

Yonne · Bourgogne-Franche-Comté

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Sens

Sens, sous-préfecture de l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté (27 034 habitants), fut le chef-lieu des Sénons, peuple gaulois dont Brennus prit Rome vers 387 av. J.-C. Romanisée sous le nom d'Agedincum, la cité reçut un plan classique articulé autour du decumanus et du cardo, un aqueduc de seize kilomètres puisant dans la vallée de la Vanne, ainsi qu'un amphithéâtre, un forum et des thermes. Au Bas-Empire, une muraille de trois kilomètres, parmi les plus imposantes de la Gaule romaine, ceintura la ville. Lors de la réforme de Dioclétien, Sens devint le siège de la Quatrième Lyonnaise, cadre administratif qui servira ensuite à la province ecclésiastique.

Au Moyen Âge, plusieurs archevêques de Sens procédèrent à des couronnements royaux avant que cette prérogative ne soit réservée à Reims. En 1163, le pape Alexandre III, exilé par Frédéric Barberousse, se fixa près de trois années à Sens avec la Curie ; la cité reçut alors les archevêques de Cantorbéry Thomas Becket et Edmond (saint Edme). Le 27 mai 1234, l'archevêque Gauthier Cornu y célébra le mariage royal de Saint Louis et Marguerite de Provence à la cathédrale. Sous Louis XIII, en 1622, le diocèse de Paris fut érigé en archidiocèse par démembrement de celui de Sens. Le grand séminaire ouvrit en 1651, le petit séminaire en 1747. Le dauphin Louis, mort de la tuberculose peu avant Noël 1765, fut inhumé dans la cathédrale, bientôt rejoint par la dauphine Marie-Josèphe.

Toponymie de Sens

Le nom de la localité est attesté sous la forme Agedincum dès le Ier siècle av. J.-C. dans les Commentaires de César, puis Agedicon chez Ptolémée et Agetincum au IIIe siècle. Vers 350, Ammien Marcellin emploie Senones, le nom du peuple gaulois dont la ville avait été la capitale. Agedincum pourrait reposer sur le mot celtique aged-o- « aspect, manière, face », suivi d'un suffixe pré-celtique ou gaulois. L'ethnonyme Senones renvoie peut-être à l'adjectif gaulois seno- « vieux », parent du latin senex. Dans la Chanson de Roland, la ville apparaît sous la forme Seinz et symbolise l'extrémité orientale du royaume des Francs.

Saints liés à Sens

La tradition locale rattache la fondation du diocèse à saint Savinien, vers 240. Un évêque Savinianus est cité dans les actes d'un concile du début du IVe siècle. La mémoire de sainte Colombe, baptisée à Vienne dans la vallée du Rhône, est également attachée à Sens, où elle subit le martyre en 274 ; une abbaye lui fut consacrée au VIIe siècle à Saint-Denis-lès-Sens. Au IXe siècle, le pape Jean VIII conféra à l'archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie », confirmé plus tard par le Parlement de Paris sous François Ier.

Patrimoine religieux à Sens

La cathédrale Saint-Étienne, place de la République, est la première cathédrale gothique de France ; sa reconstruction fut décidée en 1135 et son style appartient à la période de transition. Elle conserve le tombeau du dauphin Louis et de la dauphine Marie-Josèphe, profané en 1794 puis restauré en 1814 sur ordre de Louis XVIII. L'ancien palais des archevêques, rue des Déportés de la Résistance, comprend le palais synodal et archiépiscopal. La basilique Saint-Savinien et l'église Saint-Savinien-le-Jeune occupent la rue d'Alsace-Lorraine ; l'église Saint-Maurice, dont les vitraux furent détruits lors des bombardements de juin 1940, s'élève avenue Lucien-Cornet. La ville compte également l'église Saint-Pierre-le-Rond, rue Émile-Peynot, l'église Saint-Pregts, rue du Général de Gaulle, l'église Sainte-Mathie, boulevard de Maupéou, ainsi que le Carmel de Sens, rue des Déportés de la Résistance. Subsistent l'ancienne chapelle du petit séminaire, devenue collège Montpezat, et celle de l'ancien couvent des Célestins, devenue école Mallarmé. L'abbaye de Saint-Jean-lès-Sens se dresse boulevard Foch, tandis que l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif a disparu. Les musées de Sens conservent l'un des plus riches ensembles d'art religieux médiéval de France.

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