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Sumène

Gard · Occitanie

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Sumène

Sumène est une commune du Gard, en région Occitanie. Les traces les plus anciennes d'habitat humain sur le territoire remontent à la Préhistoire, avec des vestiges retrouvés dans les grottes et les falaises du Ranc de Banes. Dès l'an 100, les Romains occupent la région et construisent la route des Ruthènes reliant Nîmes à Millau, sur laquelle se trouve Sumène. Ils érigent également un temple dédié à Mercure, aujourd'hui disparu. Le village est conquis par les Wisigoths en 450, ce qui explique la présence d'un cimetière wisigoth.

Au IXe siècle, des moines bénédictins s'installent sur la rive gauche du Rieutord et construisent une église fortifiée, qui sera détruite lors de la Réforme. Ils fondent le quartier de « La Coural », mettent en place les premières cultures en terrasses et bâtissent de nombreux moulins. En 1138, la paroisse de Sumène verse une redevance annuelle de 456 litres de châtaignes fraîches au monastère Saint-Sauveur d'Aniane. En 1530, le village, divisé en sept parties, est protégé par une enceinte percée de huit portes, dont le seul vestige encore visible est le portail de la Font de Ville. À partir du XVIe siècle, la population suménoise se tourne massivement vers le protestantisme : la ville est restée 80 ans sans prêtre et fut la seconde ville du Gard à être pourvue d'un pasteur, après Nîmes. Après la Révocation de l'édit de Nantes, une majorité de Suménois seront contraints de se convertir au catholicisme.

Toponymie de Sumène

Le nom de la localité est attesté sous les formes Sumena en 1150, [Beata-Maria de] Sumenis en 1297, [Locus de] Sumena en 1314, Sumena en 1384 et Sumene en 1435. C'est à l'origine un hydronyme qui s'est fixé par la suite comme toponyme. La racine est identique à celle de la Somme, Sumina latinisé en Sumara, mais avec glissement de l'accent. Le type Sumena remonte au gaulois *Su-mēnā « la bien douce ».

Patrimoine religieux à Sumène

L'église Sainte-Marie Notre-Dame commence à être construite en 1689 à la place de six maisons achetées et détruites. Le clocher est bâti en 1750. L'église a été agrandie vers le chevet en 1846, le clocher ayant été déplacé et rehaussé. Les peintures datent de 1891. Le Calvaire fut édifié en 1726 à la suite d'une épidémie de peste qui décima le village. En direction de Saint-Roman-de-Codières, le moulin de Serviel est un ancien moulin à blé et à huile ayant appartenu à l'abbaye de Sumène aux Xe-XIe siècles. En direction du hameau du Pouget, la chapelle Saint-Cyprien fut construite à l'emplacement d'une ancienne abbaye détruite en 1568 ; elle est mentionnée pour la première fois sur un plan dressé le 4 août 1628. Près du hameau de Cézas se trouve le prieuré Saint-Martin de Cézas, édifié au XIIe siècle, sa chapelle, ainsi que les ruines de l'ancienne église de Cézas, près du hameau de La Croix. Le 16 février 1906, la population du village, très catholique, s'oppose massivement aux inventaires et s'enferme dans l'église : la porte doit être enfoncée à la hache par des soldats venus en train de Nîmes, et elle en garde encore aujourd'hui les traces.

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