Surgères
Charente-Maritime · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Surgères
Le site de Surgères apparaît au milieu du Moyen Âge, en réaction aux incursions vikings qui écument les côtes du Poitou puis de l'Aunis dès 830. Les plus anciennes traces écrites mentionnent la ville en 936, lorsque le duc d'Aquitaine, voulant préserver ses terres d'Aunis des intrusions normandes, édifie un bastion de pierre et de bois sur cette terre sèche non inondable, qu'il nomme « Castrum Surgeriacum ». À la fin du Xe siècle, les comtes de Poitiers installent Guillaume Maingot pour diriger la forteresse ; sa famille l'occupera jusqu'au XIVe siècle.
Aux XIIe et XIIIe siècles, Surgères occupe le siège d'une baronnie, l'une des quatre en Aunis avec Pauléon, Mauzé et Nuaillé, comptant 22 paroisses. Lorsqu'en 1152 Aliénor d'Aquitaine épouse Henri II Plantagenêt, la ville bascule dans la mouvance anglaise, avant de revenir au giron français avec saint Louis. Prise par les Anglais au printemps 1352 pendant la guerre de Cent Ans, elle voit ses remparts rasés en 1471 sur ordre de Louis XI. À la Renaissance, Hélène de Fonsèque (1546-1618), muse de Ronsard, célébrée dans les Sonnets pour Hélène, est la fille de René de Fonsèque, baron de Surgères.
Toponymie de Surgères
Le site originel, formé d'une saline appelée Girea et d'un marais nommé Girum, a servi de support pour dénommer la première forteresse castrum super Girum ; le site fortifié est ensuite connu sous la forme castrum surgeriacum en 992. Pendant le Moyen Âge, le bourg est cité sous le nom de Surgeriacum, latinisation dont provient le nom moderne de la ville, issu du nom de la rivière, primitivement appelée Gir ou Ger, devenue Gères, assorti de la préposition « sur ».
Patrimoine religieux à Surgères
L'église Notre-Dame, située à l'intérieur de l'enceinte du château, est une église romane édifiée au XIe siècle puis achevée dans le courant du siècle suivant. Classée monument historique depuis 1862, elle figure parmi les plus vieux édifices classés de la Charente-Maritime. Prosper Mérimée écrivit à son sujet : « Bien que blasé, j'ai trouvé à m'extasier devant son église ; je ne trouve rien de plus beau que sa façade ». Son édification, vers 1080 dans l'enceinte du château, est précédée de la construction du prieuré Saint-Gilles et d'une église paroissiale dédiée au même patronyme.
L'aumônerie Saint-Gilles, ancien édifice religieux du XIIe siècle aujourd'hui désaffecté, est inscrite monument historique depuis 2004. Située à l'est du château sur la route en direction de Saint-Jean-d'Angély, elle doit sa fondation à sa vocation de centre d'hébergement des pauvres et des malades, ainsi qu'à l'accueil des jacquets en route pour les pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle pendant le Moyen Âge. Le faubourg Saint-Gilles qu'elle a engendré connut un rapide développement lors des grands pèlerinages compostelliens, le site étant situé sur la route menant à Saint-Jean-d'Angély, cité-étape de la Via Turonensis.
Du prieuré Saint-Gilles subsistent un mur d'enceinte du XIe siècle et les ruines d'une chapelle du XVIe siècle, seuls restes d'un hospice fondé au XIe siècle par les moines de l'abbaye de Maillezais, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, et resté actif pendant 750 ans. À l'époque de la Contre-Réforme, un couvent des Minimes fut implanté en 1603 à la place de l'ancien prieuré Saint-Gilles alors désaffecté ; les Minimes y demeurèrent jusqu'en 1789 et y avaient édifié une chapelle ornée d'un clocher carré. Sur la rive gauche de la Gères, le village de Saint-Pierre-de-Surgères s'était édifié autour de son église collégiale avant son rattachement à la ville en 1850. L'église Notre-Dame subit en 1570 l'incendie d'une partie de l'édifice durant les guerres de religion, la ville ayant été occupée tour à tour par les calvinistes puis par les troupes catholiques.
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