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Taller

Landes · Nouvelle-Aquitaine

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Taller

Taller est une commune de Landes, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 668 habitants. Les formes anciennes de Taller sont Taleras (cartulaire de la cathédrale de Condom premier moitié du ), Talleyras en 1356.

Une pointe de flèche datant de cette époque fut découvert sur la commune. À partir du, une voie romaine reliant Bordeaux à Dax mentionnée dans l'itinéraire d'Antonin passait à proximité du bourg. Son tracé fut repris lors de la création des limites des paroisses. La voie part de la station relais de Coequosa (Sindères), elle est matérialisée par les frontières actuelles des communes de Rion et Lesperon, de Boos et Taller et de Laluque et Taller, puis elle part en direction d'Aquae Tarbelicae (Dax) en passant par Gourbera. Au, la partie occidentale du duché de Gascogne est ruinée et sans défense et subit plusieurs raids vikings. En l'an 982, s'est déroulée la bataille de Taller, opposant Guillaume Sanche, duc de Gascogne à Airald, chef des Vikings, ceux-ci installés à Castets en étaient à leur troisième incursion, la dernière car vaincu cette fois-ci par le duc de Gascogne, leur chef Airald fut tué.

La tradition veut que Gombaud de Gascogne, premier évêque de Gascogne et frère de Guillaume Sanche, ait participé à la bataille et soit mort au combat dans un vallon que l'on nomma la Fosse-Gimbaud. Les cartulaires de l'abbaye de Saint-Sever et de la cathédrale Saint-Pierre de Condom (début ) font état de cette bataille qui s'est déroulée dans une lande rase (rictis acis in planitie Taleras dicta). Celui de Condom précise que pendant longtemps après le combat de nombreux ossements jonchaient la plaine) construit en pierre sous Saint Louis pour accueillir les pèlerins, il se dressait au sommet d'un tuc au bord du ruisseau d'Escouriou à l'écart du village de Taller comme il en était l'usage à l'époque par peur des épidémies dont la peste. Le prieuré était affermé au prieur de Taller ainsi que le prieuré de l'hôpital de Boos. Au, l'hôpital de la Fosse-Guibaud donnait sept conques de froment aux chanoines de la grange de Bost (Boos). Les chevaliers de Saint-Jacques à l’Épée Rouge (l'ordre de Santiago) ont été les premiers à y tenir une garnison pour la défense et les soins des pèlerins, plus tard l'hôpital était géré par l'ordre des Antonins.

À proximité de l'hôpital fut construite également au une chapelle placée sous le vocable de saint Jacques. Elle fut édifiée en l'honneur de l'évêque Gombaud qui serait mort pendant la bataille, la chapelle aurait été sa sépulture. La chapelle servit d'église paroissiale aux habitants de Taller le temps de la construction de l'église Saint-Barthélemy. Dès la fin du, le territoire de la paroisse de Taller se composait d'une seigneurie et deux petites seigneuries que l'on nommait des caveries (seigneurie foncière de petite importance). Au centre comprenant le bourg se trouvait la seigneurie de Taller, au sud de celle-ci se trouvait la caverie de Fébal de Lon, elle s'étendait sur 600 hectares et avait comme épicentre le quartier de Lacay, cette caverie succédait à la caverie de Talence. Au nord du bourg s'étendait la caverie du prieuré-hôpital de la Fosse-Guibaud, le prieur de Taller en était le seigneur cavier.

Les deux caveries et la seigneurie faisaient partie de la baronnie du Marensin, dans le duché de Vasconie. L'essor du chemin de pèlerinage plus direct en passant par Castets au lieu de Taller à partir du, fit décroitre l'activité de l'hôpital de la Fosse-Guimbaud. Cajayoux le dernier prieur de Taller et de Boos, ayant refusé le serment à la constitution civile du clergé, le prieuré de la Fosse-Guimbaud est supprimé. Ce qui autorise la municipalité de Taller le 27 janvier 1793, de permettre aux citoyens de prendre les pierres de l'hôpital et de la chapelle Saint-Jacques du monastère de la Fosse-Guibaud. L'hôpital de la Fosse-Guimbaud est définitivement détruit en 1837, les dernières pierres ont servi à la construction du mur d'enceinte de l'actuel cimetière de Castets. Le bâtiment regroupant la mairie, la poste et les écoles des garçons et des filles est inauguré en 1906, dessiné par l'architecte Alfred Dorlanne.

L'architecte Albert Pommade réalise la salle de réunion en 1910. Sous l'impulsion de l'abbé Victor Doussy (1878-1953), l'église est massivement restaurée, une troisième cloche est fondue en 1900, la maitre autel et les fonts baptismaux sont installés en 1932 et les vitraux en 1934. Lors du conflit, 24 militaires tallésiens sont morts entre 1914 et 1919, leurs noms sont inscrits sur une plaque dans l'église et sur le monument aux morts en face de la mairie, réalisé par l'architecte Albert Pommade en 1920 il se compose d'un pilier commémoratif surmonté d'un statue d'une femme casquée qui représente la France victorieuse drapée des couleurs de la nation, elle est sculptée par l'artiste Firmin Michelet. Après la percée d'Avranches par les troupes du général Patton, les armées alliées se heurtent à une résistance acharnée des Allemands. Le 9 juillet l'état-major allemand réclame de l'armement et des munitions à destination de leurs troupes basées à Rennes. Il est décidé de l'acheminement depuis la gare de Laluque vers Rennes d'un stock d'armement du dépôt de Taller.

Le train long de soixante-neuf wagons est constitué le 27 juillet 1944 et est saboté par le résistant du groupe de Pontonx Henri Ferrand. Ce sabotage a empêché l’artillerie allemande de Rennes de recevoir les munitions qu’elle attendait et permit ainsi au général Patton d’atteindre la ville le 4 août 1944. Ce dernier écrivit dans ses Cahiers de guerre que « La destruction du train de Laluque a provoqué avec le maximum d'opportunité l'asphyxie de l'artillerie allemande qui ne put s'opposer au franchissement de la Sélune par 100 000 hommes et 15 000 véhicules de l'armée américaine ». Churchill lui-même dira qu’il s’agissait là de « l’un des sabotages les plus spectaculaires de l’été 44 ». Après trois autres sabotages, les Allemands battus finirent par faire sauter le dépôt de Taller. Trois militaire tallésiens sont morts lors des conflits, leurs noms sont sur le monument aux morts.

Des fouilles sur le site de la Fosse-Guimbaud en 1983 permirent de découvrir plusieurs vestiges de la présence de cet hôpital et de la chapelle dont un carrelage ancien et divers objets dont une fibule en bronze. Une stèle est érigée en 2012 à proximité de l'hôpital.

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