Tréméven
Finistère · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Tréméven
Tréméven, commune du Finistère en Bretagne (2 353 habitants), conserve les traces d'une occupation très ancienne : à Coltas, une parcelle atteste d'une industrie mésolithique ou néolithique, et plusieurs enceintes fossoyées ont été signalées à Beg ar Roz, Lande des Châtaigniers, Rosmaguer, Kergroez et Rospiriou. Une stèle de l'Âge du fer et un souterrain de la même époque ont été identifiés à Kerlescouarn, tandis que du mobilier néolithique a été trouvé à Loc Yvi.
Au Moyen Âge, Tréméven apparaît comme un démembrement de la vaste paroisse (plou) de Niulac ou Yuliac, d'une superficie de 12 000 ha, qui englobait Querrien, Saint-Thurien, Locunolé et Tréméven. Le village, alors dépendance de Mellac, était desservi par une chapelle. Une fontaine de Saint-Meven, attestée en 1587, montre qu'à cette date la paroisse était déjà placée sous le patronage de ce saint. Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1420 Tréméven comptait trois manoirs : Restaudout, Coetauhay et Lancaru.
Supprimée à la Révolution française et rattachée successivement à Saint-Colomban puis à Sainte-Croix de Quimperlé, la paroisse fut rétablie lors du Concordat. Le presbytère, vendu comme bien national, fut acheté en 1795 par Jacques Cambry, dont la famille le céda ensuite à la paroisse.
Toponymie de Tréméven
Le nom est attesté sous les formes Tremenguen en 1426 dans un aveu de la seigneurie de Quimerc'h, puis Trefmeven en 1536 et Tremeguen en 1574. Le nom breton est Tremeven-Kemperle. L'étymologie associe vraisemblablement l'éponyme de saint Mewen, fondateur de l'abbaye de Saint-Méen et compagnon de saint Samson, au vieux-breton tref, qui désigne une « habitation, subdivision du bourg, quartier dans un territoire donné », remontant au mot celte treba.
Patrimoine religieux à Tréméven
L'église paroissiale Saint-Méen, construite au XVIIe siècle, est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 13 novembre 1939. Sa tour, entourée d'un garde-corps à balustres datant de 1665, porte un ancien clocher de type cornouaillais. C'est la seule église de l'ancien canton de Quimperlé à ne pas avoir été reconstruite au XIXe siècle et à avoir conservé le cimetière dans son placître, l'ensemble datant des XVIe et XVIIe siècles.
La chapelle Saint-Diboan (XVIIe siècle), située à Loc Yvi, est dédiée à un saint dont le nom signifie en breton « celui qui enlève les douleurs ». Selon la tradition rapportée dans le cartulaire de l'abbaye de Quimperlé, il aurait été un compagnon de saint Guénolé de Landévennec. Les passants jetaient autrefois des pièces dans la fontaine Saint-Diboan, datée de 1718, pour s'assurer sa protection. Le saint est surnommé « Tu-pe-du », « d'un côté ou de l'autre ». En 1924, l'abbé Mével écrivait que la dévotion à saint Diboan trouvait à Tréméven l'un de ses principaux foyers en Cornouaille, aux côtés de Leuhan et Plévin.
Le territoire conserve également des stèles armoricaines à Coltas, au bourg et à Loc Yvi, ainsi que de nombreuses croix et calvaires. Les manoirs de Roscado (logis de 1644, extension en 1786), Rosmaguer (reconstruit en 1588) et Kerlavarec complètent ce patrimoine bâti.
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