Vic-sur-Aisne
Aisne · Hauts-de-France
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Vic-sur-Aisne
Vic-sur-Aisne, commune de l'Aisne en Hauts-de-France, conserve les traces d'un passé antique : une voie romaine longeant l'Aisne en direction de Soissons, et une borne milliaire portant une inscription latine en hommage à Marc Aurèle (entre 161 et 180 ap. J.-C.), datée par certains de 213 si l'on attribue le monument à Caracalla.
Une référence au territoire de Vic apparaît dans un acte de 814, par lequel Berthe, fille de Charlemagne, fait don de ces terres au monastère de Saint-Médard-les-Soissons. En 889, Eudes, comte de Paris, fait élever un premier château sur le promontoire pour protéger Saint-Médard de l'avancée des Vikings. Aux Xe et XIe siècles, le domaine est l'objet de luttes entre les seigneurs de Coucy, les moines de Saint-Médard et les rois de France ; il passe finalement sous la protection des seigneurs de Pierrefonds jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Vic devient siège d'une châtellenie puis vicomté.
À la Renaissance, François Ier accorde en mai 1536 deux foires annuelles et un marché hebdomadaire. Après les guerres de Religion, Jean Hotman conduit la reconstruction du château à partir de 1599, poursuivie par Mazarin après 1636.
Toponymie de Vic-sur-Aisne
Le nom du village est mentionné sous la forme latine [municio] Vici en 893, puis Vicus super fluvium Axone (Axona étant une forme ancienne de l'Aisne) et la forme française Vy en 1358. Il s'agit du gallo-roman VICU, issu du latin vicus, « groupe d'habitation, village ». La forme de 1358 montre que le [c] final s'est amuï au Moyen Âge. L'adjonction du déterminant « sur Aisne » paraît ancienne.
Patrimoine religieux à Vic-sur-Aisne
L'église Notre-Dame de Vic-sur-Aisne correspond à quatre périodes de construction : la nef et le transept datent des XIe-XIIe siècles ; le chœur et une partie du clocher du XVIe siècle ; l'abside fut reconstruite au XIXe siècle d'après des croquis antérieurs, sur le style du XIIIe siècle original ; le clocher fut rebâti selon les plans d'origine de 1558 après son effondrement le 19 décembre 1921, à la suite d'un obus tombé à sa base durant la Grande Guerre. L'édifice abrite plusieurs tableaux inspirés d'œuvres comme la Cène du Titien ou la Descente de croix d'après Rubens, ainsi qu'un reliquaire en bois doré contenant le maxillaire inférieur de sainte Léocade. L'église est classée au titre des monuments historiques en 1920. Elle fait partie de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul du diocèse de Soissons.
Le domaine castral conserve, intégrés à son enceinte, l'ancien prieuré de Sainte-Léocade et l'emplacement de la chapelle du prieuré, qui n'est plus visible aujourd'hui. La chapelle installée au troisième étage de la tour sud-est du donjon a conservé sa croisée d'ogive d'origine du XIIe siècle, ainsi qu'un vitrail. Le lavoir, bâti au XVIIIe siècle à l'emplacement de l'ancienne fontaine Sainte-Léocade, renfermait dans ses quatre logettes voûtées, jusqu'à la Révolution, des statues du Christ, de la Vierge, de sainte Léocade et de saint Médard.
Saints liés à Vic-sur-Aisne
La commune fut le siège d'un pèlerinage très populaire, attirant plusieurs milliers de visiteurs jusqu'au début du XIXe siècle. Ces processions étaient dédiées à sainte Léocade ; ses reliques furent transférées en la chapelle du château de Vic en 1214. L'afflux des pèlerins explique que la bourgade ait compté jusqu'à dix-sept hôtelleries.
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