Cathédrale Saint-Jean de Besançon et horloge astronomique
Cathédrale Saint-Jean de Besançon et horloge astronomique
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Présentation de la cathédrale
Deux chœurs, deux absides, trente tableaux classés et une horloge astronomique à 30 000 pièces : la cathédrale de Besançon ne ressemble à aucune autre. Adossée à la colline de la Citadelle, elle condense dans ses murs dix-sept siècles d’histoire franc-comtoise.
Histoire
L’histoire du site remonte au IIIe siècle, quand les premiers chrétiens de Vesontio édifient un lieu de culte dans la ville basse. L’édifice actuel prend forme au IXe siècle sous l’impulsion de l’archevêque Bernoin, qui dote la cathédrale carolingienne de son plan original à deux chœurs opposés. Cette disposition rarissime en France, héritée de l’architecture ottonienne germanique, s’explique par l’appartenance de Besançon au Saint-Empire romain germanique pendant des siècles.
Au XIe siècle, l’archevêque Hugues Ier de Salins reconstruit l’édifice en style roman. C’est de cette époque que date la Rose de Saint-Jean, un autel circulaire en marbre blanc d’un seul bloc, pièce unique en son genre. La cathédrale est ensuite remaniée au XIIIe siècle (ajout d’éléments gothiques), puis transformée au XVIIIe siècle avec une décoration intérieure baroque qui lui donne son aspect actuel.
Le pape franc-comtois Calixte II, qui confirma les droits de la cathédrale face aux prétentions du chapitre rival de Saint-Étienne, fut l’un de ses plus illustres défenseurs.
Architecture et trésors
La cathédrale frappe d’abord par son absence de façade monumentale : l’entrée principale se fait par un portail latéral, car l’abside occidentale occupe l’emplacement où se trouverait normalement la façade. Cette particularité des deux chœurs opposés en fait un cas presque unique dans l’architecture religieuse française.
À l’intérieur, l’édifice conserve une trentaine de tableaux classés monuments historiques, dont une Vierge aux saints de Fra Bartolomeo et un Déploration du Christ attribué à Bronzino. L’autel dit « Rose de Saint-Jean », disque de marbre blanc du XIe siècle d’environ 2,60 mètres de diamètre, est considéré comme l’un des plus anciens autels circulaires connus.
Le clou de la visite reste l’horloge astronomique, installée en 1860 par Auguste-Lucien Vérité, horloger de Beauvais. Composée de plus de 30 000 pièces et dotée de 70 cadrans, elle indique l’heure dans seize fuseaux horaires, les marées, les éclipses, et présente des automates animés toutes les heures. C’est l’un des chefs-d’œuvre de la mécanique horlogère du XIXe siècle, logiquement installé dans la capitale française de l’horlogerie.
Visiter la cathédrale Saint-Jean
La cathédrale est ouverte tous les jours de 9h à 18h (17h en hiver). L’entrée dans la nef est gratuite. L’horloge astronomique se visite moyennant un billet (environ 3 euros), avec des présentations commentées des automates toutes les heures.
En entrant par le portail latéral sud, dirigez-vous d’abord vers le chœur oriental pour admirer la Rose de Saint-Jean. Passez ensuite dans le bas-côté pour observer les tableaux classés, puis rejoignez la chapelle de l’horloge astronomique. La présentation des automates, toutes les heures, dure une dizaine de minutes et vaut le détour.
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Le saviez-vous ?
La disposition à deux chœurs opposés, avec une abside à chaque extrémité de la nef, est typique des cathédrales du Saint-Empire. On la retrouve à Trèves, Bamberg ou Mayence. Besançon est l’un des très rares exemples français de cette architecture, vestige de siècles d’appartenance à l’Empire germanique.
L’horloge astronomique de Vérité a été commandée par le cardinal Mathieu en 1857 pour remplacer une horloge plus ancienne détruite à la Révolution. Elle a nécessité trois ans de travail et compte parmi les automates un coq qui chante, des anges qui sonnent les cloches et une procession de personnages figurant la Résurrection.
Besançon étant la capitale historique de l’horlogerie française, l’installation d’une horloge astronomique dans la cathédrale avait aussi une valeur symbolique : montrer que le savoir-faire horloger franc-comtois pouvait rivaliser avec les plus grandes réalisations européennes.