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Lectoure

Gers · Occitanie

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Lectoure

Lectoure est une commune du Gers, en région Occitanie, qui compte 3 690 habitants. Elle se situe au nord-est du département, dans le pays de Lomagne, sur un éperon dominant la vallée du Gers, entre Auch et Agen. Le nom de la ville vient de celui de la cité antique Lactora, attestée dans les sources anciennes. Les origines exactes du nom restent incertaines: il s'agit vraisemblablement de la latinisation d'un toponyme celtibère antérieur. Pour Jean-Édouard Dugand, il pourrait s'agir d'un nom celtique antérieur à notre ère, Laccodoron, signifiant « la forteresse de Laccos », un anthroponyme gaulois, qui aurait évolué sous l'influence romaine en Lactora. L'occupation du site est constante depuis l'époque préhistorique, comme en témoignent les nombreux vestiges retrouvés lors de fouilles. La situation géographique en « éperon barré » a toujours favorisé l'occupation humaine, en raison des facilités de défense qu'offrait le promontoire et de la maîtrise visuelle qu'il permettait sur les vallées environnantes. Oppidum aquitain, puis cité occupée pacifiquement par les Romains, Lactora s'étendit alors dans la plaine et connut une longue période de prospérité, attestée par les nombreuses inscriptions et autels tauroboliques qui font de Lectoure l'un des principaux sites épigraphiques romains du sud-ouest.

Les invasions barbares successives obligèrent les habitants à revenir sur la hauteur, à élever des remparts et à faire de Lectoure une place forte pendant plusieurs siècles. La réputation de la cité fut fermement établie au Moyen Âge: Victor Hugo lui-même, dans Notre-Dame de Paris, fait dire à l'un des gueux lancés à l'assaut de Notre-Dame: « Par les moustaches du pape! voilà des gouttières d'églises qui vous crachent du plomb fondu mieux que les mâchicoulis de Lectoure. » Capitale du comté d'Armagnac, Lectoure subit plusieurs sièges. En 1473, le roi Louis XI envoya Jouffroy, cardinal d'Albi, à la tête de son armée pour assiéger la ville. La capitulation et la mort de Jean V d'Armagnac furent suivies d'une destruction presque totale de la cité. Cette capitulation marqua la chute définitive de la dynastie des comtes d'Armagnac et le rattachement progressif des terres armagnacaises à la couronne de France.

Une fois réunie à la couronne de France, Lectoure renaquit de ses cendres. Elle subit de nouveaux sièges lors des guerres de Religion: alors possession des rois de Navarre, et donc protestante, elle dut capituler devant Blaise de Monluc. Les XVIIe et XVIIIe siècles furent une période plus calme, où s'épanouit une société bourgeoise et de petite noblesse. À la Révolution, de nombreux volontaires s'enrôlèrent et devinrent des figures marquantes de l'Empire: le maréchal Jean Lannes en est issu, ainsi qu'une pléthore de généraux dont les portraits ornent la salle des illustres. Les XIXe et XXe siècles connurent une évolution comparable à celle des autres petites villes de France: un lent déclin de la population, marqué par la rupture brutale des guerres mondiales, en particulier celle de 1914-1918. La situation géographique éloignée des opérations militaires épargna Lectoure, mais lui valut en revanche un afflux de réfugiés, comme les Alsaciens de Saint-Louis en 1940, dont la mémoire est encore présente dans les annales locales.

Patrimoine religieux à Lectoure

Lectoure est labellisée ville d'art et d'histoire, et a obtenu le label Station classée de Tourisme en septembre 2011. Depuis 2005, la municipalité a créé une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). En 2018, la commune comptait 10 immeubles classés au titre des Monuments historiques, mais une politique d'investigation systématique menée depuis 2009 par Gaëlle Prost, chargée de mission à l'Inventaire du Patrimoine, a permis de porter le nombre de bâtiments inscrits à plus d'une centaine. L'axe principal est constitué par la rue Nationale, ancienne rue Royale et rue Impériale, où se trouvent plusieurs hôtels particuliers, la tour d'Albinhac, dernière des « maisons fortes » subsistant du Moyen Âge, le portail des Cordeliers, l'église des Carmes ou du Saint-Esprit, ainsi que l'hôpital élevé par l'évêque Claude-François de Narbonne-Pelet sur l'emplacement du château des comtes d'Armagnac. Au nord et au sud, les boulevards suivent le tracé des anciens remparts de la ville, encore présents bien que portes fortifiées et tours aient disparu: le boulevard du Nord à la base des remparts, et le boulevard du Midi établi sur l'ancien chemin de ronde. La seule tour conservée est, à l'angle nord-est, la tour du Bourreau. L'ancien bastion défendant la partie est de la ville a été aménagé en promenade publique. Au sud, la fontaine Diane, Hountélie en gascon, est d'origine romaine et habillée de trois arcades. L'origine de son nom est sujette à caution: si elle était probablement bâtie sur un lieu de culte gallo-romain, l'appellation Hountélie a été interprétée comme « fontaine d'Élie » ou comme hount Délios, Délios représentant Diane, et ce nom est resté. Non loin de là se trouve l'ancienne tannerie royale d'Ydrone, exemple d'architecture industrielle où travaillaient une centaine d'ouvriers. La présence des Carmes et la mémoire des autels tauroboliques antiques font de Lectoure un site dont la stratification religieuse remonte sans interruption à l'époque gallo-romaine.

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