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Avallon

Yonne · Bourgogne-Franche-Comté

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire d'Avallon

Située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté, Avallon compte 6 387 habitants. Le nom de la localité est attesté sous diverses formes: Aballo, Aballone, Avalo en 875, Avalun en 1189 et Avallon en 1366. Le toponyme apparaît pour la première fois sur une monnaie du peuple des Éduens. Cette pièce, conservée au Département des Médailles de la Bibliothèque nationale de France, porte en réalité la légende Caballo, comme on le voit mieux sur une médaille identique mais au C plus nettement frappé. L'itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger en font ensuite mention. Le toponyme est généralement considéré comme issu du nom de la pomme en gaulois, suivi du suffixe neutre -on. Des recherches plus récentes montrent qu'aballo- signifierait plus précisément « pommier », le simple abalo- (un seul l) désignant la « pomme » — comparer avec le gallois afall et le breton avalenn pour « pommier », ou afal et aval pour « pomme ». La terminaison toponymique est un suffixe neutre localisant: Avallon se comprend donc comme « la pommeraie » ou « le verger », ce que confirment les nombreux Avallon ou Aval(l)on, communes ou lieux-dits, recensés en France.

Le site est occupé avant l'époque romaine: un oppidum du peuple gaulois des Éduens en témoigne. À l'époque gallo-romaine, la ville dépendait probablement de la province d'Autun, et le Morvan avallonnais a dû jouer un rôle attractif pour les riches familles gallo-romaines venues d'Autun, grâce à ses sources nombreuses et à ses immenses forêts. Avallon était facilement accessible par la via Agrippa, qui reliait Lyon à Boulogne-sur-Mer, et figure à ce titre sur la table de Peutinger. Une mention d'Aballone apparaît également sur l'Itinéraire d'Antonin, répertoire de voies romaines du IIIe siècle. À cette époque, la ville comportait un temple, un tribunal et un théâtre.

Au Haut Moyen Âge, le moine Jonas mentionne un château nommé Cabalonem Castrum (cacographie pour Abalonem castrum). Ce dispositif défensif n'empêche pas des invasions sporadiques de déferler sur la cité. Les habitants, alarmés, décident d'entourer Avallon d'une grande muraille. La ville est alors le chef-lieu du pagus Avalensis, et son sort est lié à celui de la Bourgogne, tantôt royaume indépendant, tantôt réuni au royaume d'Austrasie. En 806, Charlemagne, dans un capitulaire, fait don d'Avallon et de l'Auxois à son fils Louis le Débonnaire. En 817, celui-ci les transmet à son fils Pépin. Le château est pris par la reine Emma (ou Edme, selon Courtépée), épouse du roi Raoul, vers 931 ou 933, peut-être à deux reprises. En 931, le duc de Bourgogne Gislebert part en guerre contre le roi des Francs Raoul, son beau-frère, qui s'est emparé d'Avallon et l'a annexé au comté d'Auxerre. À la fin de l'époque carolingienne, la ville est ravagée par les Vikings.

En 1005, le roi Robert le Pieux veut conserver le duché de Bourgogne face à Landry de Nevers et à Otte-Guillaume: Avallon est assiégée et prise par l'armée royale la même année. La ville retombe aux mains du duché de Bourgogne en 1032, peu après la mort du roi Robert en 1031. Au cours du Moyen Âge, des citernes et des puits sont installés dans les maisons, la ville ne disposant que de deux sources d'eau: la Morlande et la source Beurdelaine. Malgré une amélioration et un agrandissement des remparts, Avallon n'échappe pas aux violences engendrées par la guerre de Cent Ans. En 1419, des tours sont installées pour permettre l'usage de bombardes et améliorer la défense de la porte Auxerroise. En 1433, Jacques d'Espailly, dit Fort-Épice — mercenaire et capitaine au service du roi de France, bailli de Melun, écorcheur au service de Charles VII contre les Bourguignons —, s'empare de la ville par surprise et la tient pendant huit mois. Le duc Philippe le Bon en personne mène alors un siège de six semaines pour la reprendre. Il doit recourir à une bombarde armée de boulets en pierre, à des chevaliers et à des arbalétriers. L'attaque est repoussée, mais Jacques d'Espailly s'enfuit avec quelques hommes à Montréal, ce qui permet à Philippe le Bon de s'emparer de la ville le 17 octobre 1433. La ville connaît plus tard plusieurs sécheresses entre mai et septembre, et c'est dans ce contexte qu'en 1842 Eugène Belgrand y réalise des travaux d'adduction d'eau pour résoudre les problèmes d'alimentation en eau, par un système de siphon. Un aqueduc est alors construit près des tanneries, passant au-dessus du Cousin. La fontaine Laboureau, en centre-ville, est érigée en 1870. Pendant la guerre de 1870, le 16 janvier 1871, les Prussiens bombardent Avallon avant de s'en emparer et de piller des magasins et certaines maisons particulières.

Patrimoine religieux à Avallon

La collégiale est fondée pour accueillir les nombreux pèlerins qu'attiraient à Avallon les reliques de saint Lazare. De l'édifice primitif, seule subsiste une crypte sous le chœur actuel. Les deux portails de la façade sont datés et furent qualifiés en 1870 par l'historien Victor Petit. Le clocher, incendié puis ruiné à plusieurs reprises, s'effondra en 1633 et fut remplacé en 1670 par la tour actuelle. Une autre église fut d'abord construite vers 1650 comme chapelle du couvent des Visitandines (actuel transept est); restaurée et agrandie en 1848, elle devint église paroissiale (nef et transept ouest). Sa façade est d'ordre dorique et son petit portail d'ordre ionique. Elle abrite un grand orgue, un maître-autel et divers éléments de mobilier. Dès la fin du Haut Moyen Âge, une chapelle dédiée à saint Martin avait été créée à la demande de la reine Brunehaut. L'église, amputée de trois travées, sert un temps à divers usages profanes, avant qu'un programme de restauration ne soit engagé. Une autre petite église, située à l'emplacement de l'actuelle place du Marché et reconstruite en 1520 dans le style gothique, fut rasée en 1793 malgré la résistance des paroissiens. En 1653, grâce aux subsides de Pierre Odebert, le couvent des Visitandines fut construit sur le terrain de la promenade allant de la rue de Lyon à la rue des Jardins, après plusieurs années de querelles entre opposants et partisans du nouveau couvent.

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