Brioude
Haute-Loire · Auvergne-Rhône-Alpes
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Brioude
Brioude, sous-préfecture de la Haute-Loire en Auvergne-Rhône-Alpes, compte 6 518 habitants. L'archéologie atteste une présence gallo-romaine certaine pour tout le Haut-Empire, l'origine laténienne de l'agglomération brivadoise étant confirmée par les céramiques exhumées au sud du bourg.
L'histoire ancienne de la ville est indissociable du culte de saint Julien, martyr décapité lors des persécutions de Dioclétien dans les premières décennies du IVe siècle. Grégoire de Tours, dans la Passion qu'il consacre à Julien rédigée vers 581-587, évoque la tradition selon laquelle le premier aménagement du tombeau du saint serait le fait d'aristocrates priscillianistes ibériques repentis.
Au seuil du Moyen Âge, le duc Victorius, Aquitain au service du roi wisigoth Euric, démonte des monuments antiques voisins pour l'aménagement de la basilique. Thierry, fils aîné de Clovis, offre un diplôme d'immunité au sanctuaire après 526. Sous les Carolingiens, le Brivadois devient l'un des cinq comtés secondaires d'Auvergne, tenu par le Chapitre dont les membres portent le titre de chanoine-comte de Brioude. La basilique fait l'objet de préceptes d'immunités réitérés de Louis le Pieux à Charles le Chauve. Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine, reçoit l'abbatiat de la basilique par « don royal ». Le 13 septembre 1363, le capitaine des routiers Seguin de Badefol s'empare de la cité et la quitte après convention signée le 21 mai 1364.
Toponymie de Brioude
Brioude est attestée sous la forme Brivate au VIe siècle. En dialecte auvergnat, le nom est transcrit en graphie occitane classique Briude et en norme bonnaudienne Bride. Il résulte d'une longue évolution depuis le mot celte gaulois briuati (« qui est muni d'un pont »), situé à Vieille-Brioude, à 3 kilomètres au sud, rappelant que le franchissement de l'Allier dans cette région a été un défi pendant des siècles.
Patrimoine religieux à Brioude
La basilique Saint-Julien, longue de 74 mètres, est la plus grande église romane d'Auvergne. Elle se distingue par ses fresques polychromes et son pavage de galets aux motifs géométriques ou ornementaux. L'édifice se compose d'une nef à collatéraux de cinq travées et d'une avant-nef, d'un transept non saillant à tribunes de chœur, et d'un rond-point du chœur entouré d'un déambulatoire à cinq chapelles rayonnantes. Environ 500 chapiteaux y sont sculptés. Des vitraux contemporains du père Kim En Joong, réalisés en 2007/2008, complètent un ensemble du XIXe siècle.
Les premiers religieux de l'Ordre des Frères mineurs du Puy-en-Velay s'installent à Brioude en 1286, après le don d'une maison par Anne Fabret dans un faubourg des Olliers ; la première pierre de leur église est posée par Pons de Polignac en 1317, et l'édifice est consacré le 15 août 1421. Un couvent des Minimes est fondé le 14 juin 1608, un couvent de Capucins en 1619, et un couvent de la Visitation en 1658. Les ordres religieux sont dispersés en 1789. La place Saint-Jean marque l'emplacement d'un édifice disparu de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont les fondations ont été mises au jour en 2012 : cette « maison du Temple de Sainte-Bonnette » dépendait des Templiers de la commanderie du Chambon.
Saints liés à Brioude
Saint Julien de Brioude, Romain converti au christianisme, est martyr en 304. Saint Odilon, ancien chanoine de Brioude et abbé de Cluny (994-1049), fut constructeur de la plus vaste église d'Occident et l'un des promoteurs de la Trêve de Dieu ainsi que de la fête des morts, célébrée au lendemain de la Toussaint. Robert de Turlande, fondateur de l'ordre bénédictin de la Chaise-Dieu, fut préalablement trésorier du chapitre. Saint Pierre de Chavanon, fondateur de l'abbaye de Pébrac, fit également ses débuts dans la communauté canoniale de Saint-Julien.
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