Charroux
Vienne · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Charroux
Au Haut Moyen Âge, Charroux est un petit bourg et la capitale du comté de la Marche, statut qu'elle conservera jusqu'à la fin du XIIe siècle. La fondation de l'abbaye Saint-Sauveur provoque vers l'an 1000 la création de deux bourgs fortifiés bien distincts, Bourg-l'Abbé sur la rive gauche du Verdançon et Bourg-le-Comte sur la rive droite, où se dressait le château comtal. Les deux villes se concurrencent au cours de l'histoire. Au XIIIe siècle, les deux bourgs sont ceinturés d'un même rempart. En 1316, le futur roi de France, Charles le Bel, y institue un parlement servant de cour d'appel pour tout le royaume pendant six ans. Au milieu du XVe siècle, la distinction entre Bourg l'Abbé et Bourg le Comte disparaît : la ville se dénomme désormais Charroux. Charroux perd son rang de capitale de la Basse-Marche en 1561, et devient une simple châtellenie.
Toponymie de Charroux
Le bourg est attesté sous les formes Karrofium en 789 et Karrofum monasterium en 861. Il s'agit d'une formation toponymique gallo-romaine ou médiévale issue de QUADRUVIU, du latin quadruvium, littéralement « quatre-voies », c'est-à-dire « carrefour ». Le terme est un composé de quattuor « quatre » et de via « chemin, route, voie ». La forme Charroux renvoie plutôt à la langue d'oc.
Patrimoine religieux à Charroux
L'abbaye Saint-Sauveur de Charroux est une abbaye bénédictine, fondée en 783 par Roger, vicomte de Limoges, et Charlemagne, dont relevait un vaste réseau de paroisses et de prieurés à la fin du Moyen Âge. Il en reste la tour-lanterne, dite tour Charlemagne, centre de la rotonde de l'église abbatiale, le cloître et quelques piliers du chœur et du transept. L'ensemble fut sauvé de la démolition en 1790 par l'abbé Charles Loyzeau de Grandmaison, alors curé de Surin. Le monastère bénéficie de ses nombreuses reliques, dont, censément, le Saint-Prépuce, qui attirent les pèlerins de Compostelle. L'abbaye devient un centre spirituel rayonnant où se tiennent plusieurs conciles. Le plus important est le concile de Charroux de 989 : réuni sous le patronage du duc d'Aquitaine et comte de Poitiers Guillaume IV, il instaure la paix de Dieu. Trois autres conciles suivent jusqu'en 1086, dont celui de 1028, convoqué également par le comte de Poitiers, et qui vise à réaffirmer la Paix de Dieu et à combattre des hérésies locales. L'abbaye, après avoir compté jusqu'à 213 filiales, souffrit beaucoup de la guerre de Cent Ans. Après ce conflit, l'abbé Jean Chaperon rénove et reconstruit une partie des bâtiments. L'abbaye décline avec l'ère des abbés commendataires et finit par fermer en 1760. L'église paroissiale Saint-Sulpice complète le patrimoine religieux de la commune. En 1856, un maçon découvre lors de travaux quelques reliques enterrées, ce qui initie une tradition d'ostensions de ces reliques, tous les sept ans, le jour de la Fête-Dieu.
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