Jarnac
Charente · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Jarnac
L'occupation du site de Jarnac, en Charente, est attestée depuis l'époque néolithique, et le quartier des Grands Maisons précédait déjà la présence romaine. Du Jarnac gallo-romain subsistent des vestiges de fours de potiers, témoins d'une activité artisanale, ainsi que la mémoire d'un port fluvial sur la Charente entre Saintes et Angoulême. En 418, les Wisigoths prennent possession de ces contrées, puis les Francs menés par Clovis s'y répandent un siècle plus tard. Une tradition rapporte qu'un château mérovingien aurait existé sur la crête dominant la Charente. La terre de Jarnac relevait alors des comtes d'Angoulême et du prieur de l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême. En 846, les Vikings remontent la Charente, brûlant et pillant tout sur leur passage. Au Moyen Âge, Jarnac se trouvait sur un itinéraire secondaire emprunté par les pèlerins se rendant au sanctuaire de Saint-Jacques-de-Compostelle et aux reliques de saint Eutrope à Saintes, depuis le Limousin et le Périgord. La seigneurie passa successivement aux Lusignan, aux Dreux de Mello, aux Craon, puis aux Chabot à partir de 1410, qui régnèrent à Jarnac de père en fils pendant trois siècles.
Toponymie de Jarnac
Les formes anciennes sont Agannagum un peu avant 800, Jarnaco et Gerniaco non datées, Agernaco entre 1161 et 1185, puis Jarniaci et Jarniaco au XIIIe siècle. L'origine du nom remonterait à un nom d'homme germanique latinisé Agarnus, auquel s'ajoute le suffixe -acum, soit Agarnacum ou Ajarnacum, « domaine d'Agarnus ».
Patrimoine religieux à Jarnac
L'église Saint-Pierre est un ancien prieuré bénédictin du diocèse de Saintes, archiprêtré de Jarnac, appartenant à l'abbaye de Saint-Cybard d'Angoulême. L'église primitive, probablement en bois, est attestée dès l'an 773 comme dépendant de Saint-Cybard. Les bases du clocher et de la nef rappellent les caractères du roman primitif. Une porte à trois archivoltes fut construite lors d'un aménagement, et des pilastres avec demi-colonnes établis dans la nef ; le chœur actuel, avec ses arcatures, devait surmonter une crypte, et l'on voit encore la naissance d'une abside semi-circulaire. Une seconde restauration suréleva les murailles et établit de hauts contreforts pour soutenir la poussée des voûtes. Un clocher à fenêtres à lancette fut posé sur une coupole portée par quatre piles, et un chevet rectangulaire remplaça l'ancienne abside. L'église, siège d'un archiprêtré comptant une quarantaine de paroisses, fut en partie détruite par les protestants en 1562. La vieille façade préromane, qui demandait une restauration, fut détruite et refaite en 1898 par le maire de l'époque. La crypte Saint-Michel, lieu de sépulture des seigneurs de Jarnac et notamment des Chabot, est classée monument historique depuis 1945. Jarnac fut également un foyer calviniste précoce de l'Angoumois : un premier temple installé dans une grange voisine du château fut détruit en 1684, un second édifié en 1761, et le temple actuel, de plan rectangulaire allongé, combine l'ancienne maison d'oraison de 1761 et une extension à façade néo-classique ; il est inscrit monument historique depuis 1998. Le couvent des révérends pères Récollets fut fondé par le comte Guy-Charles Chabot et sa première femme Marie-Claire de Créqui le 17 novembre 1680, en partie sur l'emplacement de l'ancien temple protestant.
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