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Lugny

Saône-et-Loire · Bourgogne-Franche-Comté

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Lugny

Lugny est une commune de Saône-et-Loire, dans la région Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 852 habitants. Le toponyme Lugny tire son origine d'un mot provenant de l'époque romaine. Un diplôme du roi des Francs Eudes de 894 et trois chartes de l'abbaye de Cluny mentionnent une villa appelée Luviniacus, Lugny se trouvant alors dans l'ager de Grevilly et le pagus de Mâcon. En 1215, une charte de l'abbaye de Cluny cite un Bernardus de Lugunie (Luiniacus en 1219). Ces mentions inscrivent Lugny dans la dépendance documentaire de la grande abbaye clunisienne, ce qui souligne la place du village dans le réseau monastique du Mâconnais médiéval. La commune appartient au diocèse d'Autun, qui couvre la Saône-et-Loire.

Lugny fut au Moyen Âge le berceau d'une maison de chevalerie, la maison de Lugny, qui avait pour blason « D'azur à trois quintefeuilles d'or accompagnées de sept billettes de même, trois en chef, une en cœur et trois en pointe, posées deux et un » et pour devise « Le content est riche ». Cette devise, traduisant un idéal de modération nobiliaire, illustre la culture chevaleresque de la famille. La branche aînée de cette famille, qui sut nouer de très nombreuses alliances – d'où le proverbe bourguignon « N'est oyseau de bon nid qui n'a plume de Lugny » –, s'éteignit cependant dans la seconde moitié du Moyen Âge avec Jean III de Lugny, mort en ne laissant qu'une fille, Françoise de Lugny.

La seigneurie changea alors de main, passant au fil des mariages dans le giron de trois autres familles nobles prestigieuses: celle des Chabot en 1558, celle des Saulx-Tavannes en 1579 et celle des La Baume-Montrevel en 1647. Cette succession d'alliances matrimoniales illustre la circulation des terres au sein de la haute noblesse française d'Ancien Régime, où les seigneuries passaient régulièrement d'une famille à l'autre par le jeu des héritages féminins. À la veille de la Révolution, la seigneurie était la propriété de Florent-Alexandre-Melchior de La Baume, quatorzième comte de Montrevel et dernier seigneur baron de Lugny, qui sera mis à mort à Paris, place de la Révolution, le 19 messidor an II, avec cinquante-neuf autres accusés.

À cette époque, Lugny dépendait du bailliage, de la recette et du diocèse de Mâcon, ainsi que de l'archiprêtré et de la châtellenie de Vérizet. Le village, siège d'un bureau du contrôle des actes rayonnant sur l'ensemble des paroisses du Haut-Mâconnais, relevait en outre de la subdélégation de Tournus. Cette densité d'institutions administratives et judiciaires témoigne de l'importance de Lugny comme chef-lieu local sous l'Ancien Régime, à la croisée des juridictions ecclésiastiques et royales du Mâconnais. La position du bourg, sur les premiers contreforts viticoles du Mâconnais, en faisait également un centre de marché pour les paroisses environnantes.

De sa forteresse autrefois flanquée de plusieurs tours de défense, ceinte de fossés remplis d'eau et dotée d'un donjon « fort élevé et très beau », Lugny n'a conservé que les deux tours rondes d'entrée et une partie des communs, abritant en particulier les anciennes écuries du château, datées du XVIe siècle. En 1789, le château de Lugny fut le premier du Mâconnais à être incendié par les « Brigands » – des habitants du Mâconnais révoltés – lors des troubles qui, dans les derniers jours de juillet, pendant la Grande Peur, agitèrent cette petite région. Le curé de Lugny le décrivait au milieu du XVIIIe siècle: « Le château est flanqué de quatre tours, il est assez irrégulier. Le seigneur qui l'occupe est baron de cette contrée, ce château est dans un bas, à côté d'une montagne assez haute, les terrasses règnent sur tout le bourg ».

En 1790, la commune devient le chef-lieu d'un canton du district de Mâcon: le canton de Lugny. Dix-neuf ans plus tard, le territoire de la commune est cadastré, ce qui place Lugny parmi les cinq cents premières communes de France à avoir été cadastrées après la Révolution française. Cette précocité cadastrale témoigne de l'importance administrative du chef-lieu cantonal. D'importants travaux sont réalisés en 1823 pour rénover et agrandir la chapelle de Fissy. L'actuelle église paroissiale, placée sous le vocable de saint Denis, est édifiée à l'emplacement de l'ancienne église romane préalablement démolie; les travaux durèrent de 1824 à 1826. Cette reconstruction du XIXe siècle s'inscrit dans le mouvement général de renouveau du bâti religieux après le Concordat, qui vit la restauration ou la reconstruction de nombreuses églises paroissiales en France.

En 1868, c'est au tour de l'hôtel de ville, qui sera non seulement mairie mais abritera aussi l'école de garçons, le logement de l'instituteur-secrétaire de mairie et le prétoire de la justice de paix du canton de Lugny, d'être construit place du Pâquier en lieu et place de l'ancienne maison commune, d'après les plans de l'architecte Adrien Guillemin de Mâcon. Le corps principal du bâtiment, de plan rectangulaire, se compose en élévation d'un rez-de-chaussée, d'un étage et d'un « étage de comble », le tout étant couvert d'un toit à croupes, tandis que la façade comprend trois travées disposées de part et d'autre d'un avant-corps central peu saillant, les deux premiers niveaux étant soulignés d'un bandeau situé au niveau des appuis de baies. De 1880 à 1887, la totalité du vignoble de la commune – environ cinq cents hectares – est détruite par le phylloxéra, catastrophe qui marqua une rupture profonde dans l'économie viticole du Haut-Mâconnais.

Patrimoine religieux à Lugny

L'église paroissiale Saint-Denis, édifiée de 1824 à 1826 à l'emplacement de l'ancienne église romane démolie, constitue le principal édifice religieux de la commune. La chapelle de Fissy, rénovée et agrandie en 1823, complète le patrimoine paroissial. Le village a conservé un patrimoine architectural riche où abondent les typiques maisons à galerie du Mâconnais, les lavoirs, les vieux puits et les détails architecturaux tels que blasons de pierre ou fenêtres à meneaux. Dans la rue de l'Église, à deux pas des halles mêlant pierre et brique achevées à l'été 1891, est notamment visible un cadran solaire daté de 1707 et orné de l'inscription latine « Volat velut umbra » (« Il vole comme l'ombre »). Sur la place de l'Église – place occupant l'emplacement de l'ancien cimetière, transféré hors du bourg, au hameau de La Garenne, vers 1855 – s'élève depuis 1909 un monument érigé à la mémoire des soixante-dix-neuf combattants du canton de Lugny tombés lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 et « depuis 1871 », fait extrêmement rare en milieu rural. La paroisse appartient au diocèse d'Autun, Chalon et Mâcon.

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