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Morestel

Isère · Auvergne-Rhône-Alpes

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Morestel

La région de Morestel se situe dans la partie occidentale du territoire antique des Allobroges, ensemble de tribus gauloises occupant l'ancienne Savoie ainsi que la partie du Dauphiné située au nord de la rivière Isère. Après la victoire des Romains de Fabius Maximus, les Allobroges furent soumis et leur territoire forma le premier noyau de la Province transalpine. Avant la chute de l'Empire romain, Morestel appartenait au Pagus Viennensis, qui devint plus tard le comitatus Viennensis.

Des seigneurs locaux portant le nom de Morestel sont attestés dès 1081. Cité médiévale ceinturée de murailles, le village s'est développé au pied du château et fut clos de remparts durant le XIVe siècle. Deux portes permettaient l'accès au bourg, parmi lesquelles la porte Saint-Symphorien et la porte Murine, tournée vers la Maurienne. La cité passa aux mains de la Maison de Miolans, d'origine savoyarde, avant d'être rattachée au domaine du Dauphin au début du XIVe siècle. En 1342, les habitants subirent un pillage lié aux conflits opposant les souverains du Dauphiné et de la Savoie.

À compter de 1421, le domaine fut confié à la famille de Roussillon du Bouchage, fondatrice du couvent des Augustins et de l'hôpital. En 1461, Gabriel de Roussillon mourut en prison, condamné par Louis XI qui confisqua ses biens au profit d'Imbert de Batarnay. En 1540, le roi François érigea la baronnie en comté. Durant les guerres de religion, la foudre tomba sur le château le 25 juin 1593 et provoqua un incendie qui fit sauter le magasin de poudre. La ville fut rendue au roi le 15 août 1595, le reste des fortifications étant définitivement rasées.

Toponymie de Morestel

L'origine du nom de Morestel serait liée à la combinaison de deux éléments du paysage local : Mor signifierait « morceau rocheux d'une montagne », en référence au promontoire rocheux sur lequel la commune s'est développée, et Estel signifierait « un petit cours d'eau, un fossé », évoquant le ruisseau de la Bordelle qui court au pied des remparts. Une autre étymologie, avancée par l'historien André Planck, renverrait aux légendes sarrazines : « mor » désignerait les Maures égarés par Charles Martel vers 732, tandis qu'« estel » serait à rapprocher de la grande tour de Morestel. Une légende locale évoque par ailleurs une princesse nommée Estelle qui se serait jetée du haut de la tour, donnant la « Mort d'Estelle ».

Patrimoine religieux à Morestel

L'ancien château delphinal est cité à la fin du XIIIe siècle avec la chapelle Saint-Pierre. Détruit lors des guerres de religion, il n'en reste que la tour médiévale, remaniée au XIVe siècle et restaurée en 1973. Ce donjon carré fait l'objet d'une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 3 août 1967.

L'église paroissiale Saint-Symphorien, de style gothique, fut bâtie au XVe siècle. Elle est partiellement inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 22 septembre 1972, à l'exclusion du clocher. Sa cloche en bronze, datée de 1628, de note mi, présente un diamètre de 110 cm et porte des inscriptions latines. La porte Saint-Symphorien, dont la trace reste visible par les restes d'un ancien mur de fortification, constituait l'un des deux accès à l'ancien bourg fortifié. Les Roussillon, seigneurs de Morestel à partir de 1421, furent en outre les fondateurs du couvent des Augustins et de l'hôpital de la cité.

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