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Verdelais

Gironde · Nouvelle-Aquitaine

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Verdelais

Verdelais, commune de Gironde en Nouvelle-Aquitaine, peuplée de 1035 habitants, doit son existence à une histoire mariale qui plonge au Moyen Âge. En 1112, Géraud des Graves, chevalier seigneur de Saint-Macaire revenu de Terre sainte où il avait combattu aux côtés de Godefroy de Bouillon, fait construire une petite chapelle en l'honneur de Notre-Dame et devient ermite dans le bois du Luc. Il meurt en 1159. En 1160, des moines grandmontains venus du Limousin élèvent un monastère dit de Notre-Dame du Luc. En 1185, un adolescent aveugle de naissance est guéri pendant une messe : c'est le premier miracle attesté. En 1190, Richard Cœur de Lion accorde une charte en faveur de Notre-Dame de « Verdelaye ». Détruit lors des guerres en 1295, 1356-57 et 1377, le monastère retrouve son élan en 1390, lorsque la comtesse Isabelle de Foix redécouvre une statue de la Vierge cachée durant les troubles, sa mule ayant posé la patte dans un trou ; elle fait reconstruire le monastère. À la Révolution, la paroisse Saint-Maurice d'Aubiac et son annexe Notre-Dame de Verdelais forment la commune d'Aubiac-et-Verdelais, rebaptisée Verdelais en 1890. En 1838, à la suite de guérisons miraculeuses, arrivent les Maristes. Le 2 juillet 1856 a lieu le couronnement de Notre-Dame de Verdelais. Le 1er juillet 1924, Pie XI érige l'église Notre-Dame en basilique mineure. En 1990, les Passionnistes sont chargés de l'animation du sanctuaire ; en 2007, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, la confie aux religieux marianistes, congrégation fondée par le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade à Bordeaux en 1817.

Toponymie de Verdelais

Verdelais dérive d'un nom de personne de type *Verdulus, muni du suffixe à consonne sifflante de type basco-aquitain -aitze. L'étymologie populaire viridis lucus, « forêt verte », est écartée par les lois de la phonétique historique du gascon, qui auraient mené à *Ber(t)luc, *Ver(t)luc ou Lucbert. Les habitants sont appelés les Verdelaisiens.

Patrimoine religieux à Verdelais

La basilique Notre-Dame de Verdelais, édifiée d'abord comme chapelle, ravagée en 1357 et 1562, restaurée puis dotée d'un transept et d'une façade occidentale remaniée, a été agrandie de 1842 à 1875 par l'architecte Théodore Duphot avant d'être élevée au rang de basilique en 1924. Elle est classée monument historique depuis 2010. Les voûtes datent de 1840-42, les bas-côtés de 1863-65, et le clocher néo-roman/Renaissance, élevé en 1852-54 puis détruit par incendie en 1870, a été rebâti et inauguré le 3 octobre 1875 par Monseigneur Donnet. Sur la colline au-dessus du cimetière, un chemin de croix et un calvaire construits entre 1863 et 1870 sont classés depuis 2010 : encadrés par une chapelle de la Sainte-Agonie et une chapelle du Saint-Sépulcre, ils comprennent quatorze chapelles identiques abritant chacune un bas-relief des stations du chemin de croix du Christ. Le couvent des Célestins, qui a subi les mêmes ravages que la basilique, a été reconstruit en cloître à arcades puis agrandi ; sa partie la plus ancienne abrite le presbytère, et l'ensemble est classé depuis 2010. Le couvent renferme aussi un musée d'art religieux rassemblant plus d'une cinquantaine de tableaux, tous classés à l'inventaire des monuments historiques entre 1969 et 1980. Au lieu-dit Le Luc, une fontaine votive et un groupe sculpté de six personnages dit « du Pas de la Mule », en souvenir de la statue enfouie et retrouvée, datent de 1860 et sont classés depuis 2010 ; un ensemble cultuel y a été aménagé en 1895 avec une fontaine votive et six statues en grès céramique exécutées par le sculpteur Clerc. L'ancienne église Saint-Maurice d'Aubiac, à l'origine bâtie au bord de la Garonne, est aujourd'hui propriété privée inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1973 ; à proximité subsistent l'ancien presbytère et l'ancien port de la Garonnelle où débarquaient les pèlerins venus par bateau. Sur les Allées, esplanade plantée de deux rangées de tilleuls devant la basilique, se dressent une croix votive de 1630 classée depuis 2010 et une fontaine de 1851 surmontée du buste du cardinal Donnet. Le cimetière abrite le tombeau des pères Maristes ; Henri de Toulouse-Lautrec et sa mère Adèle Zoé de Toulouse-Lautrec-Monfa y sont également inhumés. François Mauriac, lié à Verdelais et à la basilique, tira le titre de son roman Genitrix de l'inscription Sancta Dei Genitrix Ora Pro Nobis lue sur la façade d'un ancien hôtel des Allées.

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