Cathédrale de Bourges — Splendeur gothique du Berry
Cathédrale de Bourges — Splendeur gothique du Berry
Messe(s) du week-end
Dimanche : 11h00
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Présentation de la cathédrale
Dans la capitale du Berry, une cathédrale défie les conventions. Pas de transept, cinq nefs qui s’étagent en une perspective vertigineuse et des vitraux parmi les plus anciens de France : Saint-Étienne de Bourges est l’outsider magnifique du gothique français.
Histoire
À la fin du XIIe siècle, l’archevêque Henri de Sully — frère de l’évêque de Paris qui lance Notre-Dame — décide de remplacer la cathédrale romane de Bourges par un édifice gothique à la hauteur de ses ambitions. Les travaux débutent vers 1195 par le chevet et progressent vers l’ouest avec une rapidité étonnante. Le gros œuvre est achevé vers 1230, la façade occidentale vers 1270.
Le choix de Bourges comme siège d’un tel monument n’est pas anodin. La ville est alors la capitale du duché de Berry et un carrefour commercial prospère. Le chapitre cathédral bénéficie du soutien financier de Philippe Auguste, qui voit dans cet édifice un moyen d’affirmer l’autorité royale sur le centre de la France.
La cathédrale traverse les siècles sans destruction majeure, ce que peu de cathédrales françaises peuvent revendiquer. La tour nord, dite « tour de Beurre » (financée, dit la légende, par la vente de dispenses pour manger du beurre pendant le Carême), s’effondre en 1506 et doit être reconstruite. Pendant la Révolution, les statues du portail sont martelées, mais la structure est épargnée. L’UNESCO inscrit la cathédrale au patrimoine mondial en 1992.
Architecture et trésors
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de transept. La cathédrale adopte un plan basilical continu, sans cette interruption cruciforme habituelle. Ce parti pris crée un effet de profondeur saisissant : depuis le portail occidental, le regard file sur 120 mètres jusqu’au fond de l’abside sans aucune rupture.
L’élévation intérieure est organisée en cinq vaisseaux qui s’étagent du plus bas au plus haut, formant une pyramide de lumière. Le vaisseau central culmine à 37 mètres. Les doubles bas-côtés créent un jeu de perspectives latérales que l’on ne trouve nulle part ailleurs en France. Les arcs-boutants à double volée soutiennent cette structure ambitieuse avec une élégance qui a impressionné des générations d’architectes.
Les vitraux constituent un ensemble cohérent allant du XIIIe au XVIIe siècle. Les verrières basses du chœur, datées de 1215 environ, racontent les paraboles du Christ et la vie de saint Étienne avec une vivacité narrative et une palette de bleus et de rouges qui n’ont rien perdu de leur éclat.
La crypte, la plus vaste de France, abrite le gisant du duc Jean de Berry, commanditaire des célèbres Très Riches Heures.
Visiter la cathédrale de Bourges
La cathédrale se dresse au sommet de la vieille ville de Bourges, visible depuis plusieurs kilomètres. Elle est ouverte tous les jours, avec un accès gratuit à la nef. L’ascension de la tour nord (396 marches) offre un panorama sur les toits de la ville et la campagne berrichonne.
La visite de la crypte et des tours est gérée par le Centre des monuments nationaux. Prévoyez une bonne heure pour apprécier l’ensemble. Le quartier ancien autour de la cathédrale, avec ses maisons à colombages, mérite que l’on prolonge la promenade.
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Le saviez-vous ?
La cathédrale de Bourges a été bâtie sur une pente si prononcée que le niveau du sol de la crypte correspond à celui de la rue à l’arrière de l’édifice. Ce n’est donc pas vraiment une crypte souterraine, mais une église basse de plain-pied.
Le Jugement dernier sculpté sur le tympan du portail central est l’un des plus complets du XIIIe siècle. On y distingue des détails savoureux : un diable qui enfourne les damnés dans une marmite, un autre qui tient un livre de comptes.
Jacques Cœur, le grand argentier de Charles VII, né à Bourges, a financé plusieurs vitraux de la cathédrale au XVe siècle. Son portrait y figure en donateur agenouillé, une pratique courante pour les bienfaiteurs fortunés de l’époque.