Cathédrale Sainte-Croix
Cathédrale Sainte-Croix
Messe(s) du week-end
Samedi : 18h30 (Messe anticipée)
Dimanche : 10h30
Dimanche : 10h30
Messes à proximité
Présentation de la cathédrale
Siège du diocèse d’Orléans, la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans est un édifice gothique dédié à la Sainte Croix — vocable caractéristique des grandes cathédrales médiévales consacrées au bois de la Croix du Christ, dont des fragments reliques étaient vénérés dans plusieurs sanctuaires français depuis le haut Moyen Âge. Elle occupe une position dominante au centre de la préfecture ligérienne et constitue l’un des principaux monuments religieux du Loiret.
L’histoire constructive de la cathédrale est particulièrement singulière. Un premier édifice médiéval, construit entre les XIIIe et XVIe siècles dans un gothique rayonnant puis flamboyant, fut largement détruit par les protestants en 1568 lors des guerres de Religion — l’un des épisodes les plus traumatisants pour le patrimoine religieux orléanais. Les huguenots, qui occupaient alors la ville, renversèrent les voûtes de la nef et sapèrent les piles, laissant l’édifice en ruine. La restauration ne fut engagée qu’à partir de 1601, sous le règne de Henri IV — le roi protestant converti au catholicisme avait décidé d’une reconstruction intégrale dans un parti gothique néomédiéval, choix inhabituel pour l’époque qui aurait dû privilégier l’architecture Renaissance dominante sous le règne.
Le choix de reconstruire en gothique — dans un langage qui renoue avec les formes médiévales antérieures plutôt que d’adopter le classicisme naissant — illustre la volonté royale de restituer l’esprit d’origine du sanctuaire. Cette décision, rare dans l’histoire française où les reconstructions ultérieures privilégiaient généralement le style de leur époque, fait de la cathédrale d’Orléans un cas d’école pour l’étude des rapports entre patrimoine et reconstruction identique.
Les campagnes de reconstruction s’étalèrent ensuite sur près de trois siècles, rythmées par les interruptions des guerres, les difficultés financières et les changements politiques. Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI soutinrent successivement le chantier, qui ne fut achevé qu’à la fin du XVIIIe siècle. Les deux tours occidentales ne furent complétées qu’entre 1773 et 1790, sous le règne de Louis XVI, dans un parti néogothique abouti qui anticipe les grandes restaurations du XIXe siècle.
Le plan associe une nef à trois vaisseaux, un transept saillant, un chœur à déambulatoire et un chevet à chapelles rayonnantes — dispositions classiques du gothique cathédraliste parfaitement restituées par les architectes successifs. La façade occidentale, dominée par deux tours jumelles de plus de quatre-vingts mètres couronnées de flèches ajourées, constitue l’une des grandes façades gothiques tardives du patrimoine français.
L’intérieur abrite un mobilier liturgique riche : boiseries du chœur signées Louis Marteau au XVIIIe siècle, stalles sculptées, grand orgue et vitraux. Ces derniers, posés progressivement aux XIXe et XXe siècles, retracent la vie de Jeanne d’Arc — figure tutélaire d’Orléans depuis la levée du siège de 1429 par la Pucelle. La cathédrale reste aujourd’hui le sanctuaire central de la dévotion johannique française, avec des fêtes majeures chaque printemps lors de l’anniversaire de la libération d’Orléans.
La cathédrale Sainte-Croix fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862. Le 26 janvier 1855, le pape Pie IX l’éleva au rang de basilique. Rattachée au diocèse d’Orléans, elle accueille les messes dominicales, la messe chrismale, les ordinations presbytérales, les grandes célébrations liturgiques et les fêtes johanniques annuelles qui rassemblent chaque mai les fidèles orléanais et français autour de la mémoire de Jeanne d’Arc.