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Langatte

Moselle · Grand Est

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Langatte

Langatte est une commune de Moselle, en Grand Est, qui compte 605 habitants.

Sur le plan historique, l'histoire locale est très intimement liée à l'histoire de la Lorraine. L'origine de la commune est très ancienne. On retrouve des vestiges d’habitats celtiques ou préceltiques, ou encore gallo-romains. La région était vraisemblablement peuplée par des tribus celtes, médiomatriques. Ultérieurement, sous l’administration romaine, Langatte était par ailleurs située sur la voie romaine Decumanus reliant Metz (Divodorum) à Strasbourg (Argentorate) via Tarquimpol. Elle avait la particularité de se diviser en deux branches au nord de Langatte, l’une d'elles (la branche sud) traversait la commune de Langatte pour rejoindre Sarrebourg (Pons saravi), l’autre (la branche nord) contournait Langatte par le nord vers Dolving où existe toujours un pont, dont l'origine est gallo-romaine, ainsi que des vestiges d'une villa romaine, puis la voie traversait la Sarre par le gué de Hoff pour rejoindre la première branche (Sud) à la maladrerie (quartier ouest de Sarrebourg, à proximité du carrefour de Bellevue vers Réding).

En 2010, lors des travaux de terrassement de la seconde phase du TGV – EST LGV Est européenne, cette voie romaine (branche Nord) avait été mise au jour sur une courte distance, sur le plateau de Langatte en direction de Gosselming, à proximité immédiate de l'actuel pont de chemin de fer, elle était en excellent état sous environ de terre. Ainsi, il semblerait que la branche Nord de cette voie romaine soit suivie en partie par le tracé de la ligne TGV. Au Moyen Âge: la commune de Langatte appartenait à la seigneurie de Fénétrange, rattachée au Saint-Empire romain germanique. La seigneurie de Fénétrange dont le château existe toujours, appartenait aux comtes du Rhin, les (Rheingrafen) surnommées aussi les comtes sauvages (Wildgrafen) et notamment la famille Mahlberg, (famille de nobles germaniques). Ces derniers étaient les descendants de Walter von Geroldseck (il a pris le nom de son épouse en se mariant). Les ruines du château fort des Geroldseck sont toujours visibles sur les bords de la Sarre à Niederstinzel.

Ils faisaient partie de la lignée de la maison de Nassau. À ce titre, il peut être intéressant d'examiner l'armorial de la maison de Nassau et par ailleurs de consulter la page Salm-en-Vosges. Il n’est pas rare dans la région, de retrouver chez quelques brocanteurs, des céramiques anciennes frappées aux armes des Nassau, voir à ce titre l'armorial de la maison de Nassau. Lors de la guerre de Trente Ans, la commune a été le théâtre d’opérations et de très nombreuses guerres. Elle a laissé la plus grande cicatrice dans l'inconscient populaire. considère que dans la plupart des communes de la région, après la guerre de Trente Ans, il ne restait en moyenne qu'un ou deux habitants par village, voire aucun.

Ces derniers avaient été massacrés, ou avaient pris la fuite. L'habitat rural avait été pillé et incendié, le bétail avait subi le même sort. Ceux qui faisaient la guerre à l’époque se "payaient" en pillant les habitants, puis les exterminaient et mettaient le feu à leurs maisons. Les troupes suédoises (qui sévissaient dans la région) sous les ordres du général Bernard de Saxe-Weimar fils de Jean, duc de Saxe-Weimar, et stipendiés (achetés) par Richelieu, avaient très mauvaise réputation. Quelques décennies plus tard, il a fallu avoir recours à l'immigration pour repeupler la région. De très nombreuses familles sont arrivées au début.

Ces gens étaient généralement des descendants de familles nombreuses de régions de montagne, ou la terre cultivable était insuffisante. Ils étaient originaires de Suisse, du Tyrol, de Bavière, et/ou de Savoie, etc. La plupart d’entre deux étaient locuteurs de langues germaniques locales de leurs différents pays d'origine, dans leurs différentes variantes. Leurs descendants ont petit à petit adopté le francique lorrain, toujours existant. Les familles immigrantes de langue française s’installaient généralement entre elles, comme dans la commune voisine de Langatte majoritairement francophone. Mais il existe des cas d’immigrants français et par conséquent francophones, qui se sont installés dans des communes majoritairement germanophones, et dont les descendants parlèrent petit à petit le francique lorrain.

À Langatte (comme dans certaines autres communes de la région), un quartier s'appelle la Schwytz (« Suisse » en francique) ce qui est très significatif de l'installation de migrants de ce pays, qui s'étaient sans aucun doute regroupés dans ce quartier (notamment l’actuelle rue du Lac, et rues adjacentes.) Des dispositions fiscales attrayantes avaient été prises à l'époque pour attirer ces immigrants. Toute nouvelle famille qui s’installait dans un village sinistré par la guerre de Trente Ans, bénéficiait d’une exemption fiscale pendant cinq années. Si une famille acceptait de restaurer une maison en ruine (pour faits de guerre) elle bénéficiait de cinq années d'exonération fiscale supplémentaires. Les noms de famille des habitants actuels de la région, dont l’origine remonte à cette époque, permettent généralement d'avoir une idée de l'origine géographique initiale de la famille. À Langatte par ailleurs, les anciennes maisons (lorsqu’elles n’ont pas subi de restauration contemporaine) étaient quasiment toutes des fermes. Sans aucun doute s’agit-il de maisons restaurées par les nouveaux arrivants après la guerre de Trente Ans.

Beaucoup de ces maisons ont encore sur le fronton (généralement au-dessus de la porte de grange) la gravure de la date de restauration, ces dates sont presque toutes entre 1710 et 1730. À l’intérieur de ces mêmes maisons, et notamment sur les murs mitoyens (qui n'ont pas subi de transformations) comme les murs dans la partie « agricole » du bâtiment, on peut parfois retrouver les traces de la maison précédente, comme des traces noires (présence de bistre) caractéristiques d’un ancien foyer, donc d'une ancienne cuisine à ce même endroit, parfois aussi la présence de bois intégré dans le mur, témoignant de l’existence d’une maison précédente à pan de bois. La modernisation des bâtiments, par les nouveaux occupants du, efface peu à peu tous ces vestiges du passé. De nombreux ressortissants de Langatte ont participé aux guerres napoléoniennes et au moins quatre d’entre eux ont été récipiendaires de la médaille de Sainte-Hélène Louis Adam, né à Langatte le engagé dans la Grande Armée. Il était soldat au puis au d'infanterie de ligne entre et.

Il a participé aux campagnes de France, de Belgique et était présent à Waterloo. Il lui sera décerné la médaille de Sainte-Hélène. Paul Klein, né en 1778 à Lohr, puis garde forestier à Langatte engagé dans la grande armée. Il était soldat au 2e Régiment de carabiniers de la garde impériale (premier empire), de l’an VI jusqu’en 1817. Il lui sera décerné la médaille de Sainte-Hélène ainsi que la médaille de chevalier de la Légion d’honneur. Il a suivi Napoléon à l’île d’Elbe.

Nicolas Fuhrmann, né à Langatte le était lui aussi engagé dans la grande armée. Il était soldat au 7e régiment de Cuirassiers entre 1812 et 1850. De retour à la vie civile, il s’établit à Neuf-Brisach. Il lui sera décerné la médaille de Sainte-Hélène. Charles Hoesch né à Langatte en 1794, (rue de l’Abbé-Rohrbacher actuelle maison Fabert) engagé dans la grande armée, il avait fait la campagne d’Allemagne et été fait prisonnier à Dresde. Quelques années plus tard, il fut blessé, puis présumé mort à la bataille de Fleurus (1815) (près de Charleroi en Belgique).

Le contexte historique local particulier fait que la commune de Langatte (comme d’autres communes de la région), était intégrée pendant des siècles au monde géopolitique germanique, puis au Saint-Empire romain germanique. Les restructurations et les réorganisations consécutives aux nombreuses guerres, et notamment la guerre de Trente Ans d'autre part, font que la commune de Langatte est implantée en territoire thiois du département de la Moselle, en bordure de la Frontière linguistique mosellane (Voir carte). C'est la raison pour laquelle, on parle encore en zone thioise du département de la Moselle une langue ancienne, le lothringer platt (en francique) ou le francique lorrain (en français).

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